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Sur les remparts de Saint Jean d’Acre
(plaquette 700e anniversaire 1307-2007)

Thierry E Garnier - Sur les remparts de Saint-Jean-d’Acre - (Plaquette 1307-2007) - À l’occasion de la commémoration du sept-centenaire de l’arrestation des Templiers le 13 octobre 1307, Thierry E Garnier réédite sa nouvelle, Sur les remparts de Saint-Jean-d’Acre, extraite de son livre éponyme publié aux éditions Arqa. - (36 pages) – ISBN 2-7551-0032-X - Sommaire / Sur les remparts de Saint-Jean-d’Acre – Nouvelle.

édition épuisée

(extrait)

Sur les remparts de Saint Jean d'Acre
(plaquette 700e anniversaire 1307-2007)

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« En ce jour maudit de l’an de grâce 1291, le soleil était à son zénith lorsque Dieu mourut, amenant avec lui dans cette décadence paroxystique et irréversible un pan entier de la civilisation d’occident. Non pas le meilleur ni même le plus juste, seulement un pan entier qui concernait le devenir de l’occident chrétien et qui dorénavant ne serait plus identifiable comme tel. Le sablier cosmique, se retournant ainsi, accorderait-il seulement à la force endormie de Kali de discerner dans le prochain cycle à venir les éléments probants permettant à l’homme différencié de renaître plus tard au combat, les armes à la main, de se souvenir et de revenir en un temps que les anciens nommaient parfois avec l’ironie feinte des initiés « le Temps des Moissons ». Sur les remparts de Saint-Jean-d’Acre un soleil irradiant se couche ce soir dans le désert, laissant soin aux animaux hurlants de compter les cadavres. De la chair brûlée des trépassés se repaissent les plus forts d’entre eux. Les piques ensanglantées des guetteurs, tournées vers la grande ourse réverbèrent davantage encore les étoiles scintillantes aux prémisses de l’horizon. A la nuit le grand-maître, Guillaume de Beaujeu, est mort lui aussi. Un trait mortel l’a touché sous l’aisselle. Accompagné du grand-maître de l’Hospital pour une fois réconcilié, d’une escorte de Templiers et de trois cents chevaliers francs et anglais, le grand-maître de l’Ordre du Temple avait bien tenté à la faveur du clair de lune, avec le courage héroïque mais inutile de ceux qui se savent perdus, une percée dans les lignes adverses. Mais, indiscrétion ou divination, le sultan el-Achraf Khabil avait été prévenu de la tentative et ses troupes avaient fait échouer l’entreprise. Le choc à la lueur des torches ardentes avait été si terrible qu’il avait fait reculer les ombres. Il y avait eu tant de guerriers nobles tués au combat ces derniers jours que la mort elle-même se lassait de tous ces bains de sang. L’impossibilité de franchir les lignes ennemies nous obligea à battre en retraite. Dans ces batailles le voisinage de la mort était pour nous comme une noblesse d’âme, de cette âme trempée au feu, incandescente de prières et de larmes. Nous la construisions cette âme comme l’on construit une cathédrale, avec l’aide de nos frères, la Rose églantine à portée de main. Les jours suivants furent impossibles à décrire. Depuis le printemps de l’an de grâce 1291, le siège de la place la mieux fortifiée de la chrétienté s’organisait afin que nul ne puisse plus échapper à son destin, tel en avaient décidé les figures géomantiques consultées par le sultan. C’est un ost de plus deux cent mille cavaliers et fantassins arabes, de trois cents machines de guerre de toutes sortes qui se massait sous les fortifications de Saint-Jean-d’Acre (…).




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