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La Nuée sur le Sanctuaire

Karl von Eckartshausen - La Nuée sur le Sanctuaire - préface François Trojani - « Bien que dans le langage et les expressions de son époque Karl von Eckartshausen soit on ne peut plus clair, il faut sans cesse le dire et le redire : depuis le germe ou le ferment mis dans le sang et la chair par l’avènement historique du Fils, nous sommes entrés dans une autre et bouleversante phase de la Création. » François Trojani - La Nuée sur le sanctuaire de Karl von Eckartshausen fait partie de ces très rares ouvrages consacrés à la Théosophie chrétienne où il est question de « l’Église intérieure » en tant que Lumière de l’Esprit, École divine de Sagesse, Sanctuaire actif et prégnant, dispensateur des dévoilements (pour ne pas dire de révélations) dévolus à un monde pneumatique dans ses différentes composantes, tant exotériques qu’ésotériques, au sein du manifesté. Nous donnons ici dans cette présente édition le contenu complet de La Nuée sur le sanctuaire selon la traduction française d’André Savoret de 1948, agrémenté d’une préface de François Trojani, dont l’éclairage érudit et substantiel méritait que ce texte majeur, et pour tout dire unique, de la Mystique chrétienne, fut lu et relu, à l’aune de cette analyse fulminante. Introspection illuministe suffisamment remarquable, en vérité, pour qu’elle puisse attirer l’attention du cherchant, à une heure de décadence où la fragmentation des textes épars livrés en pâture aux quatre vents de l’Histoire, augure plus de la division des consciences que de la coagulation des esprits. Une postface assortie d’une iconographie abondante signalant les différentes éditions françaises, de 1819 pour l’édition originale, 1914 et 1948 pour les autres, et redonnant en annexes intégralement les préfaces de Marc Haven pour la seconde édition et d’André Savoret pour la suivante, dans une perspective chromatique riche de diaprures reflétées par des temps révolus ; nous a paru plus que nécessaire pour compléter définitivement cette nouvelle livraison. - (120 pages) – ISBN 2-7551-0024-9 - Sommaire / Préface de François Trojani - « Le Feu Nouveau ». « La Nuée sur le Sanctuaire » de Karl von Eckartshausen. Postface « De quelques éléments épars » Arqa éditions. Les préfaces oubliées de Marc Haven et André Savoret.

(extrait)

La Nuee sur le sanctuaire

Prix : 17.00 €

« Aucun siècle n’est plus remarquable pour l’observateur paisible que le nôtre. Partout il y a fermentation dans l’esprit comme dans le coeur de l’homme ; partout il y a combat de la lumière avec les ténèbres, des idées mortes avec les idées vivantes, de la volonté morte et sans puissance avec la force vivante et active ; partout enfin il y a guerre entre l’homme animal et l’homme spirituel naissant. Homme naturel !... renonce à tes dernières forces, ton combat même annonce la nature supérieure qui sommeille en toi... Tu pressens ta dignité, tu la sens même ; mais tout est encore obscur autour de toi,, et la lampe de ta faible raison n’est pas suffisante pour éclairer les objets auxquels tu devrais tendre. On dit que nous vivons dans le siècle des lumières, il serait plus juste de dire que nous vivons dans le siècle du crépuscule : çà et là, le rayon lumineux pénètre à travers la nuée des ténèbres, mais il n’éclaire pas encore, dans toute sa pureté, notre raison et notre cœur. Les hommes ne sont pas d’accord sur leurs conceptions ; les savants se disputent ; et, là où il y a dispute, il n’y a pas encore de vérité. Les objets les plus importants pour l’humanité sont encore indéterminés. On n’est d’accord ni sur le principe de la raison ni sur le principe de la moralité ou du mobile de la volonté. Ceci est une preuve que, malgré que nous soyons dans le grand temps des lumières, nous ne savons pas encore bien ce qu’il en est de notre tête et de notre coeur. Il serait possible que nous sussions tout ceci plus tôt, si nous ne nous imaginions pas que nous avons déjà le flambeau de la connaissance dans nos mains, ou si nous pouvions jeter un regard sur notre faiblesse et reconnaître qu’il nous manque encore une lumière plus élevée. Nous vivons dans les temps de l’idolâtrie de la raison ; nous posons un flambeau de poix sur l’autel, et nous crions hautement que maintenant c’est l’aurore et que partout le jour apparaît réellement, en ce que le monde s’élève de plus en plus de l’obscurité à la lumière et à la perfection par les arts, les sciences, un goût cultivé, et même par une pure compréhension de la religion. Pauvres hommes ! Jusqu’où l’avez-vous poussé, le bonheur des hommes ? Y a-t-il jamais eu un siècle qui ait coûté tant de victimes à l’humanité que le siècle présent ? Y a-t-il jamais eu un siècle où l’immoralité ait été plus grande et où l’égoïsme ait été plus dominant que dans celui-ci ? L’arbre se reconnaît à ses fruits. Gens insensés !... Avec votre raison naturelle imaginaire... d’où avez-vous la lumière avec laquelle vous voulez si bien éclairer les autres ? Est-ce que toutes vos idées ne sont pas empruntées des sens, qui ne vous donnent point la vérité, mais seulement des phénomènes ? Est-ce que tout ce que donne la connaissance dans le temps et l’espace n’est pas relatif ? Est-ce que tout ce que nous pouvons nommer vérité n’est pas vérité relative ?... On ne peut pas trouver la vérité absolue dans la sphère des phénomènes. Ainsi votre raison naturelle ne possède pas l’essentialité, mais seulement l’apparence de la vérité et de la lumière ; mais plus cette apparence s’accroit et se répand, plus l’essence de la lumière décroît dans l’intérieur, et l’homme se perd dans l’apparence et tâtonne pour atteindre des images éblouissantes (…).




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