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Gérard de Nerval et la pensée hermétique

Introduction au Voyage en Orient

Jean-Pierre Bayard - Gérard de Nerval et la pensée hermétique - Introduction au Voyage en Orient - Où comptez-vous aller, en quittant mes États ? demanda le roi Salomon avec une feinte insouciance. - À Tyr, répliqua sans hésiter l’artiste : je l’ai promis à mon protecteur, le bon roi Hiram, qui vous chérit comme un frère, et qui eut pour moi des bontés paternelles. Sous votre bon plaisir, je désire lui porter un plan, avec une vue en élévation, du palais, du temple, de la mer d’airain, ainsi que des deux grandes colonnes torses de bronze, Jakin et Booz, qui ornent la grande porte du temple. Dans ce chef-d’œuvre de la Tradition initiatique occidentale qu’est le Voyage en Orient, Gérard de Nerval, dans la quatrième partie de son ouvrage, restituée ici in extenso - texte essentiel si souvent cité partiellement, et pourtant rarement lu dans son contexte originel - l’auteur, empruntant un sentier mystérieux parfumé de tous les encens d’Égypte, nous conte de la plus belle des manières, se servant des légendes ancestrales, des récits de voyages, et des rituels cachés, les vérités inconnues des secrets mystagogiques, nous instruisant notamment du grade de Maître. Jean-Pierre Bayard dans une introduction lumineuse nous dévoile la nature des éléments épars ; biographiques, historiques, symboliques et initiatiques, pour mieux nous faire appréhender la prose onirique et enflammée de l’écrivain fou d’Hermétisme. Avec Jean-Pierre Bayard soyons certain que : « Gérard de Nerval nous a légué la chaîne indiscontinue de la pensée traditionnelle dans la langue la plus limpide en nous faisant parcourir le chemin du soleil des pôles. » Un texte mythique de Gérard de Nerval - Le Voyage en Orient – Les Nuits du Ramazan - Introduit et commenté par Jean-Pierre Bayard - (230 pages) – ISBN 2-7551-0019-2 - Sommaire / Avant-propos - Jean-Pierre Bayard / Gérard de Nerval et la pensée hermétique. - Introduction au Voyage en Orient - Annexe I - Gérard de Nerval / Le Voyage en Orient ; Les Nuits du Ramazan - (Les Conteurs) - Annexe II - Gérard de Nerval / Les Illuminés (Cagliostro et le XVIIIe siècle) - Annexe III – Arcadia / Gérard de Nerval et le secret de la Licorne.

(extrait)

Grard de Nerval et la pense hermtique

Prix : 22.00 €

« Pour servir les desseins du grand roi Salomon, son serviteur Adoniram avait renoncé depuis dix ans au sommeil, aux plaisirs, à la joie des festins. Chef des légions d’ouvriers qui, semblables à d’innombrables essaims d’abeilles, concouraient à construire ces ruches d’or, de cèdre, de marbre, et d’airain que le roi de Jérusalem destinait à Adonaï et préparait à sa propre grandeur, le maître Adoniram passait les nuits à combiner des plans, et les jours à modeler les figures colossales destinées à orner l’édifice. Il avait établi, non loin du temple inachevé, des forges, où sans cesse retentissait le marteau, des fonderies souterraines, où le bronze liquide glissait le long de cent canaux de sable, et prenait la forme des lions, des tigres, des dragons ailés, des chérubins, ou même de ces génies étranges et foudroyés, races lointaines, à demi perdues dans la mémoire des hommes. Plus de cent mille artisans soumis à Adoniram exécutaient ses vastes conceptions : les fondeurs étaient au nombre de trente mille, les maçons et les tailleurs de pierres formaient une armée de quatre-vingt mille hommes, soixante et dix mille manœuvres aidaient à transporter les matériaux. Disséminés par bataillons nombreux, les charpentiers épars dans les montagnes abattaient les pins séculaires jusque dans les déserts des Scythes, et les cèdres sur les plateaux du Liban. Au moyen de trois mille trois cents intendants, Adoniram exerçait la discipline et maintenait l’ordre parmi ces populations ouvrières qui fonctionnaient sans confusion. Cependant l’âme inquiète d’Adoniram présidait avec une sorte de dédain à des œuvres si grandes. Accomplir une des sept merveilles du monde lui semblait une tâche mesquine. Plus l’ouvrage avançait, plus la faiblesse de la race humaine lui paraissait évidente, plus il gémissait sur l’insuffisance et sur les moyens bornés de ses contemporains. Ardent à concevoir, plus ardent à exécuter, Adoniram rêvait des travaux gigantesques, son cerveau, bouillonnant comme une fournaise, enfantait des monstruosités sublimes, et tandis que son art étonnait les princes des Hébreux, lui seul prenait en pitié les travaux auxquels il se voyait réduit. C’était un personnage sombre, mystérieux. Le roi de Tyr, qui l’avait employé, en avait fait présent à Soliman. Mais quelle était la patrie d’Adoniram ? Nul ne le savait ! D’où venait-il ? Mystère. Où avait-il approfondi les éléments d’un savoir si pratique, si profond et si varié ? On l’ignorait. Il semblait tout créer, tout deviner et tout faire. Quelle était son origine ? À quelle race appartenait-il ? C’était un secret, et le mieux gardé de tous, il ne souffrait point qu’on l’interrogeât à cet égard. Sa misanthropie le tenait comme étranger et solitaire au milieu de la lignée des enfants d’Adam, son éclatant et audacieux génie le plaçait au-dessus des hommes, qui ne se sentaient point ses frères. Il participait de l’esprit de lumière et (…).




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