MADMACS – La bactérie qui produit de l’OR

Cupriavidus metallidurans

Amis alchimistes de tout poil, adeptes de la transmutation du plomb en or, chauffeurs d’athanor et autres amateurs de Grand Œuvre sous toutes ses formes, arrêtez tout ! Il est inutile de continuer à vous acharner dans cette quête de la transmutation, car vous avez été battus de vitesse une fois de plus par la science toute puissante, qui prouve bien là une fois de plus sa portée universelle. Eh oui, vos efforts s’ils ont été méritoires sont malheureusement vain, grâce à la découverte au fond d’un laboratoire que l’on imagine être digne du savant fou, avec cape noire, orgue monumental et toccata et fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach, au fond de ce laboratoire dis-je donc a été trouvée la bactérie qui produit de l’or ! Oui, par l’équivalent d’un orifice des moins nobles pour l’être humain, une nouvelle race de bactérie a été découverte dont la caractéristique est de produire ce métal jaune devant lequel tout humain ressent une fièvre des plus intense, comme le chante si bien Figaro dans le Barbier de Séville de Rossini.

Bon certes, pour tout vous dire, elle ne produit pas d’or à partir du plomb, mais à partir de déchets toxiques contenant divers composés aurifère comme en déverse par tonne chaque année un occident féru de matériel électronique dernier cri dont le coût de plus en plus exorbitant n’est pas dû au quelques grammes d’or qu’ils contiennent certes, mais plutôt à l’immense avidité des humains qui sont prêts à dépenser des cents et des milles pour se les procurer. Mais que deviennent les millions d’iPhone 4 quand leur possesseur s’en est débarrassé pour acheter le nouvel iPhone 5 ? Ils se retrouvent en général dans d’immenses décharges dans divers pays en voie de développement, comme on dit, où des pauvres hères les désossent pour quelques centimes, et s’intoxiquent par la même occasion. Les bactéries normales aussi d’ailleurs ne vivent pas bien vieilles dans ce genre d’environnement. Et bien, la bactérie Cupriavidus metallidurans, elle, aime ce genre de brouet et est même capable d’en digérer les composés métalliques pour produire des petits globules d’or fin sans en souffrir un tant soit peu de la toxicité.

Malheureusement pour tout nos lecteurs que j’imagine bavant sur leur clavier avec à la place des yeux deux boules hallucinées, imaginant déjà faire croître des millions de ces animalcules dans leur cuisine ou leur garage, pour que la bactérie produire un ou deux lingots, il faut lui donner à manger des sels d’ors purs et non pas des sels de plomb sans quoi elle n’excrétera qu’un vulgaire métal tout juste bon fournir aux typographes des caractères d’imprimerie. Il faudra pour encore quelques années, un accélérateur de particule et des torrents d’énergie pour produire quelques atomes d’or à partir de plomb.

Bon mais on peut rêver quand même ! Fausse alerte, donc… Allez, il est temps de se remettre à l’athanor, le grand œuvre n’est pas encore atteint... !

Madmacs - Les Chroniques de Mars, numéro 10 - décembre 2012.

Sources // Adam W. Brown #1 & #2.

THESAVRVS // Adam – Adepte – Aigles – Alchimie – Alchimiste – Argyropée – Assation – Athanor – Chrysopée – Coupellation – Cyliani – Élixir- Élixir de longue vie – Eugène Canseliet – Philalèthe – Fulcanelli – Gnose – Grand Œuvre – Lavures – Macrocosme – Magnum Opus – Mercure – Microcosme – Nicolas Flamel – Œuvre au noir - Œuvre au blanc – Œuvre au rouge – Or – Panacée – Paracelse – Philosophie Hermétique – Pierre Philosophale – Poudre de projection – Régule – Rémore – Soufre – Sublimations – Table d’Emeraude – Teinture – Terre adamique – Transmutation – Unobtainium - Vitriol – voie de l’Antimoine – voie du Cinabre //


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