Emmanuel RIVIÈRE – Stephen Jourdain - Un Indiana Jones de la traque métaphysique

Qui était Stephen Jourdain ?

Certainement un des penseurs du XXe siècle le moins cité... Mais tout ce qui est rare est précieux. Pourtant son œuvre mérite attention et relectures de la part du cherchant en perles rares...

Un site nouvellement créé nous offre plus d’informations sur le Web et nous donne un nombre de sources tant biographiques que littéraires qui manquaient à nos recherches personnelles et sans doute aux vôtres…

Emmanuel Rivière.

Biographie

Cet ancien agent immobilier de Montparnasse essaie simplement de décrire au plus près ce qu’il vit intimement depuis plus de quarante ans, hors de toute influence religieuse ou philosophique. Pour ce faire, il emploie un langage à la fois chrétien et païen qu’il incurve et infléchit selon son génie personnel.

Ses paradoxes ne sont pas coquetteries d’auteur, ni ses obscurités vanité d’hermétiste.

A ses yeux, le sacré dans toute sa sublimité, se révèle plus « au ras des pâquerettes » que dans les édifices orgueilleux de la dévotion. La « bonne nouvelle » qu’il délivre exige à la fois un regard d’enfant et une vigilance de tous les instants.

Il est impératif de « veiller », de laisser brûler le « je suis » fondamental sans l’abandonner jamais dans les cendres de ses attributs. La poésie, nullement confinée dans un bel objet littéraire, sera ainsi vécue dans la rosée adamantine du premier jour de la création. Et des larmes de joie (Deus volens) ruisselleront sur vos joues.

« La poésie, affirme-t-il, est la matrice de la réalité et la réalité est la matrice de la poésie ».

Ajoutons que Stephen Jourdain n’a aucun respect pour les vérités dites « objectives » que l’on range comme des « faits » sur les étagères du savoir. A notre époque consensuelle, mercantile et technique, son cri est libérateur.

C’est à consulter sur le site // Stephen Jourdain . com

Bibliographie

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PENSÉES

Le réel résonne dans ma conscience ; je ne puis saisir cette résonance que là où est le réel ; il n’est pas dans le cendrier ou tel objet matériel ou moral, il est un paysage sans bords.

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Ô blanche Lise qui court sans bas

A travers néons et enseignes

Ne crois-tu pas, ne dois-tu pas . ?

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Je produits « ma vie » comme une source. Il n’y a que moi en cette source, mais moi divin. J’ai le droit d’engendrer « ma vie ». J’ai outrepassé ce droit.

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Note : y a-t-il du mental non subjectif ?

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Il n’y a pas de dehors.

Il n’y a pas de fenêtre.

Il n’y a pas de connaisseur.

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Je dis que l’accession à notre être personnel est l’unique façon d’accéder à Dieu. Je dis que notre être personnel n’est pas seulement le moyen, unique d’atteindre et de connaître Dieu, mais l’unique demeure et l’unique substance de Dieu.

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Toute l’extériorité habite l’image que je me fais de la vie de mon esprit.

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Dire : il n’y a pas des choses, c’est dire : il n’y a pas de choses limitées, déterminées.

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EXTRAIT

1986 : Chaque pensée aussi humble soit-elle, fait éclore à notre insu une pensée immensément centrale qui englobe complètement notre vie intérieure, nous précipite dans la destinée humaine, et préside à l’installation du sujet pensant. Cette pensée totalement inconsciente nous place sur les rails du temps, nous fait éprouver à la lisière consciente, les rapports des figures de l’environnement interne et prétendument objectifs, nous fait ressentir la particularité et la contingence de notre destinée humaine. Les évènements, les grandes urgences, la confrontation au monde extérieur confusément sentie, bref le destin est le pur produit de l’âme, est l’âme qui exerce à son insu, un poids terrible sur elle même. Toute pensée est nouvelle ; le sentiment de continuité psychologique est totalement illusoire, à chaque pensée nous recréons le monde, nous évoquons dans la détonation du présent de notre temps interne psychologique un tableau de nous même engagé globalement sur les rails terrestres, à chaque instant nous réinventons le monde, nous posons le socle de la vie interne. Chaque pensée consciente engendre au même instant, mais infiniment au centre de nous-même, une pensée inconsciente déshabillée de langage, et qui peut se résumer à cette formule : "je me pense, pensant", cette pensée est une pure représentation de nous par nous engagé dans telle perspective. L’auteur de ce confinement, de cette aspiration par une pensée naissante à notre insu, de cette abominable dégénérescence de l’être humain est MOI. Il n’y a pas trace de dieu dans l’être humain s’éveillant à ce tour de passe-passe diabolique. Dieu étant perçu comme étant un autre que moi ou étant plus fort que moi. L’homme éveillé s’éveille à lui même, ce je n’est pas fini ; il est absolument libre, débarrassé de toute pensée affirmante, de tout confinement à un destin, à une histoire contingente. Au moment ou l’on s’éveille « je » a l’impression d’avoir toujours été là, le réveil donne immédiatement naissance à moi même, comme lorsque l’on s’éveille d’un cauchemar, et que l’on voit que l’apparente scission entre les événement du monde extérieur et soi est pure illusion, est une représentation personnelle.

Toute personne n’ayant pas fait l’expérience directe de cet étrange phénomène sur lequel notre intuition la plus fine est complètement muette, cette personne n’ayant pas fait cette expérience dis je dors. L’homme qui dort à l’impression de ce phénomène ou de n’avoir qu’a parfaire à l’infini sa connaissance de lui, il ne peut imaginer qu’il est tout à fait endormi : dans le pure contact apparent avec soi même, "je suis le lieu que j’habite", il reste inconscient à la partie la plus centrale de lui même Si vous ne savez pas ça vous êtes endormi. Cette loi que je viens d’énoncer, est une loi absolue, commune à tout les hommes, mais cette vérité précisément, est encore une pensée qui donne naissance à une pensée inconsciente et globale de moi, et est donc pure illusion si je n’y reconnais pas le dédoublement de ma pensée consciente par une pensée complètement inconsciente.

Toute vérité est une pure émanation de moi même, est une illusion qui nous précipite dans la triste destinée humaine, déplorable dégénérescence d’un phénomène méconnu.

Stephen Jourdain © Textes inédits - Droits de reproduction et de duplication réservés - 2013.


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