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9/1/2015 [La Liberté assassinée]

Je suis Charlie ?

La société du spectacle a maintenant ses martyrs…, vous qui êtes morts aux champ d’honneur, le crayon à la main...

Ça les auraient bien fait marrer la bande à Charb de voir se bousculer au portillon, dans cette grande manifestation, à Paris, tous les plus grands de ce monde pour commémorer leur mémoire ! Quelle poilade un tel spectacle où ceux qui furent les plus vilipendés sont à proximité des familles des anarchistes les plus rigolos et les plus provocateurs du siècle. Certes le FN se tient encore à bonne distance des cercueils, mais il ne s’en est pas fallu de beaucoup pour que la bande à Charb assiste à un consensus et puisse voir de l’extrême gauche à l’extrême droite toutes ses caricatures défiler d’une seule et même voix dans le même cortège. Quel succès dans la sortie. Chapeau bas messieurs. A l’heure qu’il est vous êtes sans doute bien morts de rire... Qui aurait cru que Charlie Hebdo était le premier parti de France ?

Et puis, aussi, qu’elle est belle cette foule anonyme de quatre millions de personnes, toutes générations confondues, défilant boulevard Voltaire et partout en France, si attachée aux valeurs républicaines, cette France qui rêve de fraternité, cette France de toutes confessions, de toutes obédiences, de toutes religions... scandant ce "je suis Charlie" qui veux dire "je suis libre", un slogan qui a traversé toutes les frontières, un slogan présent sur tous les continents...

image libre de droits à mettre sur vos réseaux sociaux. © by Teg

A vrai dire, nous ne sommes pas tous Charlie, sans doute, car chacun d’entre-nous possède son libre-arbitre, sa liberté de penser, sa liberté d’être pour ou contre, sa liberté aussi d’être contre Charlie, s’il le désire. Mais aujourd’hui, avec la douleur des familles, contre la barbarie innommable qui s’abat sur une rédaction, sur des dessinateurs "bêtes et méchants", illustres et courageux, pétris de talents, nous sommes tous Charlie, oui, parce que la liberté de penser, d’écrire, d’agir, de caricaturer est un droit universel qui donne à tous l’envie de la solidarité. Alors même pas peur. Vous qui êtes morts aux champ d’honneur, le crayon à la main, vous êtes maintenant nos immortels.

Leurs armes à eux c’étaient l’humour, leurs grenades leurs dessins, leurs munitions leurs bons mots, leurs kalachnikovs étaient à bouchons… En ce temps de deuil, le respect des morts impose à tous le silence et le recueillement. Oui, pour aujourd’hui et pour demain, pour lutter contre l’obscurantisme, contre toutes les intolérances, religieuses et politiques, contre toutes les dictatures, contre tous les fanatismes, contre tous les intégrismes, quels qu’ils soient, alors : « - Je suis Charlie » pour faire couler de l’encre et pas du sang...

Teg - ARQA

« Je préfère mourir debout que vivre à genoux » - CHARB

C’est un dessin tristement prémonitoire qu’a signé Charb, directeur de la publication de Charlie Hebdo, dans le numéro paru mercredi 7 janvier.

Agé de 47 ans, le dessinateur figure parmi les douze victimes de l’attentat perpétré, le même jour, au siège de l’hebdomadaire, dans le 11e arrondissement de Paris. Sur ce dessin titré « Toujours pas d’attentats en France », on voit un djihadiste déclarer : « Attendez ! On a jusqu’à la fin janvier pour présenter ses vœux. »

L’assassinat de Charb, comme celui de Cabu, Wolinski, Tignous ou Honoré, décime le monde des dessinateurs de presse et provoque une indignation sans frontières. Charb disait récemment ne pas craindre les menaces… Quelques jours après avoir publié les caricatures du prophète Mahomet, en septembre 2012, il avait déclaré dans nos colonnes ne pas avoir peur d’éventuelles représailles.


Paris « capitale du monde » contre le terrorisme par leparisien

« Je n’ai pas de gosses, pas de femme, pas de voiture, pas de crédit. C’est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux. »

« On a toujours été à la pointe d’un combat contre les fanatiques - CABU »

© Gamma Frédéric Souloy.

Le MONDE

Le point de vue de Boris CYRULNIK - Psychotérapie du Diable.