Jacques ERLICH - La bête du Gévaudan – Entre mythe et réalité


I - Le retour de la bête du Gévaudan

Comme toujours avec ce genre de témoignage (voir ci-dessous), nous sommes à l’intersection du témoignage fidèle et bien réel et de la possibilité avérée d’une projection amplifiée d’un animal perçu plus grand et plus féroce qu’il ne l’est en réalité. Si les précautions d’usage sont à observer (comme pour la fameuse bête de Telford...).

Il nous apparaît important de considérer ce témoignage à sa juste valeur, ne serait-ce qu’au plan de la sociologie des mythes. Le mystère de la bête du Gévaudan a, on s’en rend compte, la vie dure et sa longévité incroyable semble nous indiquer que la permanence des légendes liées au loup touche un point sensible de la psyché humaine.

C’est sur cette corde sensible que la fameuse série « Game of Thrones » vient d’ailleurs de réaliser une série d’épisodes mettant en scène des loups…

II – Game of Thrones – Loups blancs contre loups noirs

III – Un témoignage troublant – La bête sévit toujours

« J’étais en vacances en Lozère avec ma famille et nous nous baladions en forêt. C’était le milieu de journée et j’étais d’humeur rêveuse. Bref, je traînais. Un moment, j’ai perdu les miens de vue et c’est alors qu’il m’est apparu à côté d’un dolmen.

Il avait l’aspect d’un loup mais il était bien plus grand, bien plus terrible. J’ai eu peur et j’ai hurlé. Heureusement la bête s’est enfuie… » Tel est le témoignage récent de Lucie Corbeille. Plus de peur que de mal donc pour cette jeune touriste de 15 ans qui aurait aperçu en juillet dernier un animal sauvage rappelant étrangement « la bête du Gévaudan »...

Source // Auvergne life

IV – La bête du Gévaudan – Rappel historique

La Bête du Gévaudan (Bèstia de Gavaudan en occitan) est un animal à l’origine d’une série d’attaques contre des humains survenues entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767. Ces attaques, le plus souvent mortelles, entre 88 à 124 recensées selon les sources, eurent lieu principalement dans le nord de l’ancien pays du Gévaudan (qui correspond globalement à l’actuel département de la Lozère), région d’élevage. Quelques cas ont été signalés dans le Sud de l’Auvergne, et dans le Nord du Vivarais et du Rouergue.

La « Bête du Gévaudan » dépassa rapidement le stade du fait divers, au point de mobiliser de nombreuses troupes royales et de donner naissance à toutes sortes de rumeurs, tant sur la nature de cette « bête » – vue tour à tour comme un loup, un animal exotique et même un loup-garou, voire un tueur en série à une époque plus récente — que sur les raisons qui la poussaient à s’attaquer aux populations — du châtiment divin à la théorie de l’animal dressé pour tuer. Alors qu’une centaine d’attaques équivalentes se sont produites au cours de l’histoire de France dont toutes les régions sont peuplés par environ 20 000 loups à cette époque, ce drame intervient opportunément pour la presse en mal de ventes après la guerre de Sept Ans : le Courrier d’Avignon local puis La Gazette de France nationale et les gazettes internationales voient l’occasion de s’emparer de cette affaire pour en faire un véritable feuilleton, publiant des centaines d’articles sur le sujet en quelques mois. Parmi les nombreux animaux abattus au cours de cette période, deux canidés sont soupçonnés d’être la Bête.

Le premier est un grand loup tué par François Antoine, porte-arquebuse du roi de France, sur le domaine de l’abbaye royale des Chazes en septembre 1765. Une fois ce loup empaillé à Versailles, les journaux et la Cour se désintéressèrent de cette affaire, bien que d’autres morts aient été déplorées ultérieurement. Jean Chastel, paysan originaire de La Besseyre-Saint-Mary, tua le second fauve, identifié comme un loup ou un grand chien, en juin 1767. Selon la tradition, l’animal tué par Chastel était bien la Bête du Gévaudan car, passé cette date, plus aucune attaque mortelle ne fut signalée dans la province.

Source //

V - Encerclés par des loups - Une attaque qui fait froid dans le dos…

« Ce week-end, un jeune éleveur des Alpes de Haute-Provence dit avoir eu la peur de sa vie lorsqu’il s’est retrouvé encerclé par une meute de loups. C’est ici, à Seyne-les-Alpes, en pleine nuit, que Romain Ferrand s’est retrouvé encerclé par une meute de loups. Vendredi dernier, vers minuit, le jeune homme entend les chiens de la ferme aboyer plus fort que d’habitude.

Carabine en main, il sort pour vérifier que les bêtes sont en sécurité mais se retrouve au milieu de neuf loups. Cerné, Romain tire en l’air pour les disperser. "J’ai eu très peu quand j’ai compris qu’ils attaquaient", rapporte l’éleveur. "Ils arrivaient à une allure comme quand ils coursent un gibier, quand ils attaquent", explique-t-il.

Même s’il n’a pas été blessé, l’adolescent a eu la peur de sa vie. Ce n’est pas la première fois que les loups s’approchent de la ferme. Il y a une dizaine de jours, un veau de l’exploitation a été retrouvé à moitié dévoré. Depuis six mois, une meute vit dans ce massif escarpé et s’approche de plus en plus près des habitations… »

Alors…, s’il est bien difficile de croire que la bête du Gévaudan sévit toujours aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que le loup perdurera jusqu’à la fin des temps comme l’archétype ancestral par excellence figurant pour l’humain la peur incarnée en une bête horrifique...

Jacques ERLICH 4 K2M // La bête du Gévaudan – Entre mythe et réalité.

* * * Voir aussi sur le même sujet, le très beau texte de Michel Moutet intitulé //

Michel MOUTET - Le meilleur des Loups


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