ENTRETIEN avec Franck DAFFOS // Le trésor qui rend fou # 3

RENNES-LE-CHÂTEAU – NUMÉRO SPÉCIAL RLC

« Lors de la rédaction de cet ouvrage, j’ai surtout voulu dépasser le stade du simple règlement de comptes pour mieux rendre hommage à tous les passionnés de la véritable Histoire du Razès qui, dans leur immense majorité, continuent de croire à l’un des plus beaux mystères de tous les temps. Nul doute que cette lecture les amènera vers de nouveaux horizons insoupçonnés. A tous ces fous-rêvant donc, puisqu’on veut nous persuader que toute l’énigme de Rennes-le-Château n’est qu’une escroquerie montée dans les années mille neuf cent soixante, toute ma sympathie et mon immense gratitude. C’est pour eux que je continue à publier. »

Franck DAFFOS


Chroniques de Mars // Dans le cadre de tes travaux de recherche, tu as aussi croisé la silhouette d’un personnage fort célèbre qui ne nous est pas inconnu… surtout à Patrick Berlier ! Je veux parler de Jules Verne… ! Il était bien lié à l’Affaire, évidemment, comme l’a expliqué dans les moindres détails Berlier - et Michel Lamy avant lui… ! Berlier reprend aussi le travail de notre ami commun Philémon, en l’enrichissant considérablement. Je crois qu’aujourd’hui il est bien difficile d’évacuer les textes de Jules Verne d’une telle révélation sur l’Affaire de Rennes…

Franck Daffos // Je l’avais déjà annoncé dès mes précédentes interviews de fin 2104 et début 2015 : Jules Verne était un ami de Léopold Vannier dont il avait fait la connaissance alors que jeune marié il habitait à Paris juste à côté des Lazaristes de la rue de Sèvres, leur implantation historique.

Patrick Berlier l’a brillamment démontré dans son Jules Verne, matériaux cryptographiques paru l’année dernière aux éditions Arqa. Je me contente pour le moment d’indiquer que dans son Clovis Dardentor, il donne, l’air de rien, la date de la découverte de la cache de Sougraigne, le 6 juin 1885. Plus tard, peut-être, je révélerai du beaucoup plus lourd et incontestable sur cet auteur par rapport à notre énigme… Mais je m’attarde beaucoup plus dans cet ouvrage sur Maurice Leblanc, et notamment L’aiguille Creuse, dont je fais la preuve de la correspondance parfaite entre Etretat et Sougraigne. Je musarde aussi un peu sur les révélations du fameux parchemin découvert par Isidore Beautrelet (qui n’est autre que Jean Jourde !) un samedi 6 juin 1885 (tiens donc !), et de ses correspondances avec le château de Versailles. Les passionnés vont adorer !

Chroniques de Mars // Vos travaux de recherches, à Didier et à toi, jettent un éclairage très particulier sur le tableau de Poussin : « Les Bergers d’Arcadie » de nombreuses révélations sont faites sur ce chef-d’œuvre et pour la première fois vous apportez la preuve que le tableau de Poussin est effectivement lié au Razès et à notre énigme, vous en expliquez son fonctionnement ; sans déflorer trop ton livre, peux-tu nous donner quand même quelques éléments ? C’est d’ailleurs ce que tu avançais déjà, en 2011, dans ton livre « L’Or de Rennes… » avec tes travaux sur la Géométrie projective de Pascal… - D’ailleurs, votre voyage à Madrid, au Musée du Prado, où le Teniers a été sorti des réserves où il était conservé – vous étiez alors accompagnés d’une personnalité du Louvre, a entièrement confirmé vos dires, y compris la date de 1294 ! Il faut dire qu’il faut être particulièrement de mauvaise foi pour contester cette affirmation… Peux-tu nous raconter cette expédition à Madrid ?

Franck Daffos // Le meilleur hommage à rendre à Didier était, je le pense, de publier un fabuleux exemple de son travail. J’ai donc décidé dans ce livre d’expliciter comment fonctionne le célèbre tableau de Poussin, comment il a été conçu par Blaise Pascal grâce à la géométrie projective, quelle figure géométrique il génère pour nous amener à la maintenant célèbre chatière du Pech d’en Couty, qui je le précise encore une fois, n’est que l’avant dernier jalon avant la destination finale, l’entrée découverte par le berger Ignace Paris en 1645, qui elle n’est révélée que par le tableau de Teniers qui s’imbrique à la perfection dans le Poussin pour nous amener plus loin, jusqu’au cinquième jalon IHS sculpté par Louis du Vaucel par ordre de Pavillon sur l’arête d’un menhir quelque part entre Sougraigne et Bugarach (4). Cet extraordinaire dessin, créé par les Wisigoths au sixième siècle, puis amélioré par Blaise Pascal en 1650, nous fait également comprendre comment « La pierre des Pontils regarde aux caves et au greniers du roi » et comment « Entre l’Alaric et l’Alaricou repose le trésor de trois rois » et comment enfin toute la région fut modelée grâce à lui par les Wisigoths : il explique entre autres, le pourquoi de la fondation de Rennes-le-Château et des principaux villages de la région à l’endroit où nous les connaissons et qui ne doit rien au hasard.

D’autre part, ce dessin repositionné ensuite comme il se doit sur le tableau démontre sans aucune contestation possible que ses dimensions initiales qui furent imposées à Poussin, avant toute restauration, sont le résultat de distances entre des points remarquables du Razès, et donc que ce tableau est bien et sans aucun doute possible indéfectiblement lié à cette extraordinaire région.

Ce même dessin fut réutilisé par Jean Jourde et certains de ses amis en 1880 pour créer les dalles et les parchemins que nous connaissons depuis Gérard de Sède, mais là bien entendu, je n’explique pas tout. Je donne juste comme exemple le petit parchemin et la Pièta de Rennes-les-Bains. On verra si des esprits constructifs seront capables de prendre la balle au bond ...

Même si avec Didier j’ai participé à la finalisation de toutes ces découvertes, l’essentiel provient bien entendu de son extraordinaire travail et il m’est un devoir sacré de le souligner et d’y rendre le plus vibrant des hommages.

Quant au musée du Prado à Madrid, la conservatrice des peintures flamandes du XVIIème siècle a été alertée au sujet de l’importance du tableau de Teniers par quelqu’un du musée du Louvre qui a fait exprès le déplacement. Je l’ai même eue au téléphone alors puisque voulant comprendre, elle me demandait très aimablement tout un dossier sur ce tableau suivant les protocoles définis en histoire de l’art, ce qu’il nous était bien entendu impossible de faire, ne voulant absolument pas révéler tout ce que nous savions sur lui. D’autre part, n’étant pas du sérail, nous avons vite compris qu’il nous serait très difficile de nous faire entendre. C’est dommage mais c’est ainsi.

Par contre, il nous a été précisé que le Teniers a fait l’objet de tous les soins du musée et que l’inscription 1294 a bien été validée, même si pour la conservatrice il s’agirait plutôt d’un numéro de collection que d’une date. Analyse logique de la part de quelqu’un n’ayant pas tous les éléments pour juger … Nous avons ensuite pu voir le tableau lors d’un déplacement à Madrid en fin d’année 2013. Ce tableau, pour l’avoir dans une parfaite reproduction à l’échelle un depuis des années, et pour l’avoir étudié sous toutes ses coutures dans de grandes reproductions photographiques grâce à l’ektachrome offert en 1991 à Didier par le professeur Juan J. Luna, conservateur en chef du Prado, je le connais à peu près par cœur, mais ce fut assez émouvant et poignant d’avoir sous les yeux l’original, surtout lorsqu’on sait sur lui ce que nous savons, que son observation de visu nous confirme nos découvertes, et que depuis 2011 il n’est quasiment plus visible.

Chroniques de Mars // Il est beaucoup question du château de Versailles dans ton livre, sans expliquer ici pourquoi en détails, il serait intéressant que tu donnes quelques pistes de réflexion…

Franck Daffos // Nous n’avons, avec Didier, fait que suivre Jourde dans La vraie langue celtique : de par sa formation de géomètre arpenteur avant que d’être Lazariste, il a mis à profit tout son savoir faire pour, depuis le 6 juin 1885, date de son entrée dans la cache, jusqu’au 2 septembre suivant, date de sa fermeture définitive, mesurer et coter toutes les salles et les couloirs de cet immense palais souterrain qu’il a parcouru en tous sens. Il n’a pas été sans remarquer certaines similitudes avec le château de Versailles, d’autant qu’il avait pour ce faire des éléments transmis par Louis du Vaucel (ancien bras droit de Mgr Pavillon) redécouverts par le chanoine Gaudéric Mêche sous Notre-Dame de Marceille.

Le château de Versailles voulu par Louis XIV fut donc, à partir de 1678 (après la mort de Pavillon qui s’était toujours opposé au pillage du trésor), remodelé dans son ensemble pour devenir une étonnante évocation à l’échelle un de la cache de Sougraigne, principalement par la greffe sur l’existant de la célèbre et extrêmement coûteuse Galerie des Glaces, jusqu’à l’étonnant ajout de la Chapelle Royale à un point très précis de l’enceinte du palais.

Le Roi-Soleil couronnait ainsi un hommage occulte mais incontestable au trésor dont le pillage systématique lui avait permis de satisfaire sa marotte de bâtisseur. Ce faisant, il espérait peut-être se mettre en règle avec les lois cachées de l’Univers, et ainsi se faire pardonner en haut lieu, qui sait, la destruction de certaines reliques pour en récupérer l’or qui fut fondu, avec celui de Delphes (5), des Wisigoths et des Templiers, dans les fours verriers de la Sals qui n’avaient été construits en cette deuxième partie du XVIIème siècle que pour cela (6).

Chroniques de Mars // Une « news » parue récemment sur la gazette de RLC, de Johan N., signalait que les librairies de Marlin-Miecret étaient en liquidation judiciaire, qu’est ce que cela t’inspire ? Est-ce que tu penses que tu peux avoir cette année, avec ton nouveau livre, le prix « Bérenger Saunière » comme Octonovo (Laurent Buchholtzer), par exemple – d’ailleurs je signale à nos lecteurs que la nouvelle édition (Tome III des « Chroniques de Rennes ») - avec une nouvelle préface de toi, permet de revenir à nouveau de façon très pertinente sur les carnets de Saunière que tu avais si bien présentés à l’époque dans ton livre, en réponse à Buchholtzer-Octonovo, ce n’est pas plus mal…

Franck Daffos // Comme l’assénait si bien Didier, puisque pour lui c’était une évidence : « l’indifférence est le pire des mépris ». Le personnage de Philippe Miecret (pseudo de Philippe Marlin) m’indiffère donc au plus haut point, et je considérerai comme la pire des insultes que l’on puisse vouloir associer mon travail à cette pantalonnade ridicule qu’est le prix « Bérenger Saunière ».

Chroniques de Mars // Pour conclure, il y a une curiosité, quand même bien symptomatique du climat ambiant, très délétère, qui règne parmi les chercheurs de RLC – heureusement pas tous – l’immense majorité est quand même très respectueuse du travail de recherche opéré ; alors que ton livre est annoncé seulement depuis quelques jours, on s’aperçoit que toujours les mêmes s’expriment sur toi de façon bileuse, sur Internet, alors qu’ils n’ont pas lu ton livre, c’est toujours un peu la même chose finalement…

Franck Daffos // D’où le titre du livre qui une fois de plus se vérifie, « Le trésor qui rend fou »...

En voilà une très belle illustration !

Il faut comprendre, comme l’a très justement fait récemment remarquer un internaute, que depuis mon retrait, il y a cinq ans, il ne s’est absolument rien passé et il n’y a absolument eu aucune découverte majeure concernant notre énigme. Comme la nature a horreur du vide, certains, bien entendu, en ont profité pour se glisser dans le créneau, chacun à sa façon.

Ce sont ces personnages lugubres que l’on voit se précipiter immédiatement dans les coulisses d’Internet, et sur Facebook, principalement, pour tenter de se retrouver en première ligne d’un événement annoncé, la sortie de mon livre, par exemple, dans l’espoir illusoire de s’accaparer quelques onces de notoriété…

Il suffit d’aller lire l’article sur Vallet et Attard, dans « les Chroniques de Mars », pour s’en rendre compte, à la fois de leur capacité de réaction et aussi de leur pouvoir de nuisance… Je suis donc ravi, puisque le but de cette photo était, je peux le dire à présent, de faire réagir Vallet pour qu’il valide parfaitement la date du « 5 mai 2011 », jour de la remise de cette même photographie par Didier Hericart à ce dernier. Comme prévu, il l’a immédiatement fait sur son site Internet, et on le remercie ! Ceux qui liront mon livre vont bientôt comprendre pourquoi aux pages 39 et 148…

Je rassure nos lecteurs, tous les passionnés de cette énigme heureusement ne sont pas ainsi, mais il a suffi d’une quinzaine de malfaisants, toujours les mêmes, qui n’ont rien d’autre à faire de leur vie et qui sont actifs sur Internet, pour tuer le rêve... Mais je sens que l’on va beaucoup s’amuser cet été, et un peu de ménage fait toujours du bien !

Franck DAFFOS © Les Chroniques de Mars, numéro 21 - juin 2016.


NOTES

1 - Ils auraient dû se méfier : l’Histoire nous a appris depuis longtemps que parfois une crucifixion peut se terminer par une éclatante résurrection !

2 - Avec en prime la confirmation absolue et incontestable que le domaine et la villa de Saunière à RLC sont bien d’inspiration et d’appartenance Lazariste ...

3 - Il nous est même révélé que ce fut Henri Gasc qui modifia la Pietà de RLB qu’il avait ramenée de N-D de Marceille,

4 - La seule montagne a être figurée à la fois sur le Poussin et le Teniers : il fallait bien qu’il y ait une raison !

5 - Autrement dit « L’or de Toulouse », soit plusieurs dizaines de tonnes d’or pillées par la tribu celte des Volkes Tectosages de Toulouse à Delphes en 279 avant notre ère, et que les Wisigoths s’étaient approprié à leur tour lorsqu’ils firent de Toulouse leur capitale.

6 - Voici donc la raison de l’interdiction sous peine de mort d’entrer à l’époque dans la forêt abritant alors ces fours.


C’est sans aucun doute son meilleur livre. Après cinq années de retraite, Franck Daffos sort enfin de son silence, pour la première fois, pour nous soumettre un livre-témoignage totalement inattendu, complètement à contre-courant de tout ce qui a été dit ou écrit en 2011… Les très nombreuses révélations contenues dans ce cinquième tome des « Chroniques de Rennes » sont totalement explosives ! « Le trésor qui rend fou - Ma vérité sur le Pech d’En Couty » n’épargne rien ni personne et parle de vérités cachées, sans aucune langue de bois. Le ton est donné – il est sans concession - bien dans le style de l’auteur.

Il sera fort difficile aussi de reprocher à Franck Daffos son parti-pris tempétueux quand on connaîtra tous les tenants et les aboutissants de cette ténébreuse histoire contemporaine qui voit se désintégrer un mythe en plein vol. Toutes les coulisses de l’énigme sont dévoilées, jusqu’au moindre détail. Encore plus fort qu’un polar, cette bouleversante histoire d’amitié trahie qui a mis sens dessus dessous, durant un été entier, le petit village audois dévolu au curé aux milliards, faisant la une de la presse régionale et nationale, sans oublier le journal de 20 heures de TF1, est enfin révélée aux passionnés du mystère de Rennes comme aux plus novices !

Franck Daffos, au cœur de cette tourmente médiatique s’était depuis cinq ans volontairement abstenu de tout commentaire. Il livre-là avec justesse, talent et à-propos, non seulement sa vérité sur « l’Affaire du Pech d’En Couty », mais en plus nous donne à lire l’incroyable résultat de ses recherches menées avec Didier Hericart de Thury (1947-2015), concernant le tableau de Nicolas Poussin : « Les Bergers d’Arcadie ». Le mystère de Rennes-le-Château trouve-là son apogée avec une série de révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres…

Franck DAFFOS // Hommage à Didier Héricart de Thury

ENTRETIEN avec Franck DAFFOS // Le trésor qui rend fou # 1

ENTRETIEN avec Franck DAFFOS // Le trésor qui rend fou # 2

ENTRETIEN avec Franck DAFFOS // Le trésor qui rend fou # 3

Franck DAFFOS // Une photo inédite de l’abbé Gazel

Franck DAFFOS // Et si Nicolas Poussin avait à voir avec l’affaire de Rennes-le-Château… ?

Franck DAFFOS // 24 juillet 2011 - Des gendarmes au Pech d’En Couty

Franck DAFFOS // Jules Verne – Un voyage dans le Razès

Franck DAFFOS // « Au Pech d’En Couty » – Une photographie inédite

Franck DAFFOS // Abbé Boudet – Une dédicace bien énigmatique

Franck DAFFOS // Abbé Boudet - Une carte postale du Cromlech de Rennes-les-Bains

Franck DAFFOS // Abbé Boudet – « Le dolmen de Rennes-les-Bains »

Franck DAFFOS // Abbé Boudet - Un fake sur une couverture

B. S. // Le retour de Saunière



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