Jean ARTERO // « FULCANELLIANA » - Etude critique des ouvrages publiés sur Fulcanelli #2

L’ALCHIMIE une Tradition vivante

Il ne pouvait pas être un Numéro Spécial sur l’Alchimie - en tout cas tel que nous le concevons - sans que bien sûr soit évoqué dignement la figure tutélaire de Fulcanelli ! Mais de quel Fulcanelli parlons nous… ? Puisqu’il en apparaît quasiment un tous les trois mois sous un nouveau patronyme ! À croire que Fulcanelli, « l’Adepte aux mille visages », comme à la fête foraine, se reflète sans cesse dans un labyrinthe infini en forme de palais des glaces… ! Est-ce un hasard circonstancié ou bien un jeu de miroirs volontaire de la part de l’Adepte… ? Et quels sont les auteurs contemporains qui se laissent prendre benoîtement à un tel miroir aux alouettes ? Où se trouve donc Fulcanelli, l’Adepte facétieux qui se joue de nous avec autant de facilités… ? Il fallait bien un historien de l’Alchimie comme Jean Artero pour se pencher à merveille sur cet imbroglio de noms dont la liste démesurée ne cesse de s’étendre en permanence et surtout pour nous permettre de revenir à peu plus de raison… Jean Artero dans son ouvrage « Fulcanelliana » - Petit guide hermétique consacré à la biographie de Fulcanelli - reprend à zéro « l’affaire Fulcanelli » et nous emmène à reconsidérer brillamment chaque thèse d’auteur, une à une, comme une enquête policière à charge et à décharge. Absolument toutes les pistes sont abordées, et ce sans aucune concession. Pour une fois, à rebours de toutes les thèses évoquées, dans ce livre captivant de bout en bout Jean Artero s’engage résolument, il ne nous propose pas, bien heureusement, un patronyme de plus à ajouter à la longue liste des Fulcanellis possibles, mais en réalité nous dit en quoi et pourquoi il ne peut être tel ou tel…

« Chroniques de Mars » No 23, avril 2017 – Numéro Spécial Alchimie.


« Basile Valentin reçoit la couronne de l’Adeptat des mains de la Nature, de la Vierge toute puissante sans qui l’Eglise ne saurait être. L’emblème de l’insigne royauté fait mourir le moine-alchimiste au monde ordinaire du plan misérable à trois dimensions ; là où le pleurent maintenant tous ses frères en religion » explique Eugène Canseliet dans sa troisième préface aux Demeures Philosophales (Pauvert, 1965).

Quant à la question de l’identité de l’Adepte, qui taraude encore tant d’infatigables chercheurs ou historiens, écoutons ce que le même Canseliet écrivait longuement, à propos de celle de l’auteur des Douze Clefs (Basile Valentin) :

« Il ne nous apparaît pas indispensable de savoir précisément qu’il ait été celui-ci ou celui-là, que sous l’anonymat inéluctablement imposé par la loi traditionnelle, il se soit trouvé solitaire ou collectif, quand l’œuvre seule compte à nos yeux, quand nous estimons, de surcroît, profondément puéril et illusoire ce souci primaire agitant ceux-là, toujours trop nombreux, qui veulent à toute force épingler un état-civil sur la personnalité sociale, volontairement abolie, de quelque philosophe désormais libéré des vanités du monde.

Évidemment, plus de secret lourd à porter et difficile à défendre contre la malice et la méchanceté, pour l’Adepte qui s’est débarrassé de la vieille dépouille humaine, qui jouit de l’invisibilité et de l’ubiquité uniquement dévolues aux membres de la Rose-Croix, ainsi qu’à ceux de l’universelle Héliopolis. L’oubli n’est-il pas inhérent désormais à son corps glorifié, comme il le serait à l’homme affranchi de tout son passé même ?

Sur ce point de l’ultime obédience, Philalèthe avertit l’inquisiteur de la Science au nom des Sages ses frères : « Ici, instruits des dangers, nous avons décidé de nous cacher et nous communiquerons avec toi, qui rêves d’un tel art, afin que nous voyions ce que tu trouveras pour le bien public, lorsque tu seras Adepte » (Eugène Canseliet, Introduction aux Douze Clefs de la Philosophie, Editions de Minuit, 1956). Eugène Canseliet a bien sûr été encore plus net, s’agissant de son maître en alchimie. Pour lui, non seulement il est hors de question de dévoiler son identité, mais il est même définitivement exclu qu’elle soit un jour publiquement connue : « Dès la réunion de la première partie de ses écrits, le Maître manifesta sa volonté - absolue et sans appel, - que restât dans l’ombre son entité réelle, que disparût son étiquette sociale définitivement échangée contre le pseudonyme voulu par la Tradition et depuis longtemps familier.

Ce nom célèbre est si solidement implanté dans les mémoires jusqu’aux générations futures les plus lointaines, qu’il est positivement impossible qu’on lui substitue jamais quelque patronyme que ce soit, fût-il apparemment certain, le plus brillant ou le mieux préconisé » (deuxième préface au Mystère des Cathédrales, Pauvert, 1964).

En fait, Fulcanelli lui-même avait d’avance, clairement et directement, fait en conclusion de ce même ouvrage une obligation intangible de l’anonymat dévolu à l’Adeptat, puisque le livre se termine par ces mots, qui ne sont suivis que du fameux « écu final » :

« Quand le succès aura consacré tant d’années laborieuses, quand ses désirs seront accomplis, le Sage, méprisant les vanités du monde, se rapprochera des humbles, des déshérités, de tout ce qui travaille, souffre, lutte, désespère et pleure ici-bas.

Disciple anonyme et muet de la Nature éternelle, apôtre de l’éternelle Charité, il restera fidèle à son vœu de silence. Dans la Science, dans le Bien, l’Adepte doit à jamais SE TAIRE. »

(...)

A l’évidence, la question suivante reste de savoir si Canseliet s’est ou non un peu trop avancé en écrivant les lignes ci-dessus.

Certes, les pseudonymes de certains alchimistes ont pu être percés à jour, de leur vivant ou non. Pour demeurer dans le cercle fulcanellien, nous savons désormais que Magophon n’était autre que Pierre Dujols.

Mais ce n’est pas le cas de tous, loin de là, en particulier quand on veut diriger notre regard vers de grands Adeptes, comme Basile Valentin, bien sûr, mais aussi Cosmopolite ou Philalèthe, tous auteurs dont Fulcanelli n’a pas manqué de fortement s’inspirer.

Là encore, des hypothèses existent, ...

(...)

Jean ARTERO - Les Chroniques de Mars numéro 23, avril 2017 - Extraits du livre de Jean ARTERO : FULCANELLIANA

FULCANELLIANA // TABLE des MATIÈRES // I - Les de LESSEPS par Jean-Claude Allamanche - II - FULCANELLI par Bernard Allieu & Bernard Lonzième - III - Carlos de BOURBON par Javier Corzo Sanchez - IV - Camille FLAMMARION par Frédéric Courjeaud - V - Albert Cochon de LAPPARENT par Christophe De Cène - VI - Jules VIOLLE par Johan Dreue - VII - Pierre DUJOLS par Geneviève Dubois - VIII - FULCANELLI par Roger Facon - IX - Paul DECŒUR par Filostène - X - Albert Cochon de LAPPARENT par Jacques Grimault - XI - Paul DECŒUR par Walter Grosse - XII - Alphonse JOBERT & Pierre DUJOLS par Richard Khaitzine - XIII - FULCANELLI par Leo Krugerman - XIV - Gustave EIFFEL par Cédric Mannu - XV - Paul DECŒUR par Nicodème - XVI - FULCANELLI par Luis Miguel Martinez Otero - XVII - FULCANELLI par Kenneth Rayner Johnson - XVIII - Jules VIOLLE par Patrick Rivière - XIX - Julien CHAMPAGNE par Evelyne Segaud.

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