ENTRETIEN avec // Georges COURTS - Le Manuscrit Jean BAYLOT # 1

Entretien avec Georges COURTS // Suite à la sortie de ses deux nouveaux livres, l’auteur du Tome 1 et du Tome 2 du Grand Manuscrit d’Alger, a bien voulu répondre à nos questions ce mois-ci pour ce numéro spécial No 25 des Chroniques de Mars. Georges Courts, auteur érudit, un des très rares spécialistes du Martinézisme opératif en France, a bien voulu nous livrer ses impressions du moment sur son Tome 3 du Grand Manuscrit d’Alger et sur le nom moins fameux Manuscrit Baylot. Nous le remercions ici vivement de sa confiance envers les éditions Arqa et pour la qualité de ses réponses dans le cadre de cet entretien. L’Œuvre est achevée, mais la recherche continue.

Les Chroniques de Mars © – 29 septembre 2017.


TABLE DES MATIÈRES du « Manuscrit d’ALGER » - Tomes 1,2,3

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Le « Manuscrit Baylot » est référencé à la Bibliothèque nationale de France sous la cote « Fonds Maçonnerie : Élus Coën App. (renti) et Comp. (agnon) BAYLOT FM/4 15 ». Il s’agit d’un manuscrit de 77 pages avec des schémas, tableaux et dessins. Il regroupe plusieurs cahiers avec les grades pratiqués entre 1760 à 1770, à Bordeaux et à Saint Domingue. Avec cette publication qui présente de belle manière ce manuscrit, les éditions Arqa continuent donc - patiemment et avec constance - de creuser un sillon émérite, concernant la recherche déjà effectuée par Georges Courts sur les Élus Coën si chers à Martinès de Pasqually… Sillon déjà très largement entamé, depuis l’année 2009, avec la publication du « Grand Manuscrit d’Alger », en trois tomes.

La plus grande similitude n’étant pas la vérité, c’est donc armé d’une loupe à fort grossissement et de la connaissance de l’écriture de l’époque - dont celle de De Grainville - que Georges Courts a ôté de ses scories, rectifié puis modifié, revu et enfin corrigé l’ensemble du « Manuscrit Jean Baylot » pour lui donner une apparence conforme à une édition contemporaine de qualité optimale. En effet, concernant les transcriptions récentes que l’on pourra trouver sur Internet, ou autre, une constatation des plus flagrantes, et des plus gênantes, est que fréquemment les transcriptions effectuées sont souvent lacunaires et interprétables ; ce qui est particulièrement ennuyeux pour des mots introuvables ailleurs que dans des rituels souvent recopiés les uns sur les autres depuis plusieurs années et avec des mots spécifiques, introuvables dans la Bible, dont certains pourraient être d’origine hébraïque et mal retransposés. Sur le document lui-même, comme le souligne avec pertinence Georges Courts : « Le scripteur, compte tenu du coût du papier à l’époque, a écrit d’une écriture très fine et très serrée, usant parfois d’abréviations ou stylisant des mots, ce qui a rendu la lecture pour tout un chacun relativement difficile et des interprétations possibles différentes. En fait, le manuscrit fait apparaître deux scripteurs. Quelques étourderies nous font penser à une copie pure et simple d’originaux que le scripteur principal a eue en mains. » À cette nouvelle transcription qui fera date, Georges Courts a considéré nécessaire d’augmenter fortement cette édition, actualisée d’un appareil critique conséquent, afin de permettre aux chercheurs méticuleux de retrouver un fil de trame nécessaire pour une compréhension en profondeur et en conscience de ces Rituels si importants.


Les Chroniques de Mars // Le Manuscrit Baylot (voir sommaire) est lui aussi un sacré « serpent de mer », si j’ose dire, il est aussi connu par les spécialistes du Martinézisme que le Manuscrit d’Alger, mais pouvez-vous pour nos lecteurs des Chroniques de Mars nous expliquer un peu ce qu’il est, où est-il conservé, etc. ? Comme pour le Manuscrit d’Alger où vous aviez déterminé le scripteur en la qualité de De Grainville, pour le Manuscrit Baylot vous avez, pour ce manuscrit-ci, déterminé qu’il y a eu en réalité deux scripteurs différents…

Georges COURTS // Le manuscrit Baylot est référencé à la Bibliothèque nationale de France. Ce manuscrit, auquel manquent quatre grades : l’apprenti, le compagnon, le maître et le 1er élu ou l’élu des 9, a été copié très probablement par un officier du régiment de Foix, de 1760 à 1770, qui est allé camper possiblement avec son régiment en garnison à Saint Domingue. Il offre particulièrement les grades du rite d’Hérédom, ou de perfection (en 25 degrés) tels qu’ils ont été arrêtés au convent de Bordeaux en 1762 et de plus un très petit nombre de grades qui ont été repris dans le Rite écossais ancien et accepté qui a été copié sur le précédent et organisé seulement en 1804. Pour en prendre connaissance dans son intégralité j’invite notre lecteur à se reporter ici à la Table des matières. J’ai pu déterminer aisément qu’il y a bien effectivement deux scripteurs distincts dont je parle dans mon livre. Si ce manuscrit est connu, il n’a pas vraiment été étudié dans son intégralité ; sinon par certains extraits de rituels parus dans la revue « Renaissance traditionnelle ». En outre, à part quelques rares indications, il n’a pas été déclaré comme faisant partie - au début - du corpus important de la Maçonnerie de Martinès de Pasqually. Ce dernier a semble-t-il ensuite rejeté tous ces rituels pour en créer d’autres, tel que l’affirme l’abbé Bullet, le premier secrétaire qui déclare en avoir fabriqué.

Le manuscrit en question semble orienté par l’acquisition de connaissance, mais surtout il me semble y voir concrètement une orientation particulière qui vise à vouloir « venger les Templiers » au final - et faire une « milice templière »...

Rappelons cependant que Martinès rejettera plus tard tous les « grades de vengeance » qui n’ont que peu à voir avec la régénération et la réintégration… Dix ans après, les rituels de Martinès ne sont plus du tout les mêmes. À Saint Domingue, il déclare, peu avant sa mort, que tout est fini et que ses émules ont reçu tout le matériel disponible qu’il vient d’envoyer à son Tribunal secret et à son substitut secret. Il y a lieu de penser : - que s’est-il vraiment passé dans ces dix années, et qui a orienté ce nouveau travail qui n’a plus rien à voir avec le début ?

Je n’ai pas de réponse - pour l’instant...

Les Chroniques de Mars // Il y a eu, il y a quelques années de cela, en 2006, une proposition des éditions Latomia de présentation sommaire de ce manuscrit, cependant sans appareil critique de ce document. Comme vous l’aviez fait pour le Manuscrit d’Alger, loupe grossissante à la main, vous avez entièrement repris durant plusieurs années le texte manuscrit original, pour donner une transcription très fidèle du manuscrit original, rectifiant de la sorte les erreurs de transcriptions antécédentes, fautes en tous genres, etc., qui parsèment les transcriptions que l’on connaît aujourd’hui, dont certaines sont encore présentes sur le Net. Ce travail conséquent est encore à porter à votre crédit considérant la somme de travail qui est éditée ce mois-ci (324 pages, en format in-4°) et que vous avez commentée de la même manière que le Manuscrit d’Alger, avec un appareil critique très conséquent. Pouvez-vous nous expliquer un peu tout ce travail de bénédictin et à quoi vous vous êtes attaché principalement ?

Georges COURTS // Je me suis attaché en préalable, comme pour le Manuscrit d’Alger, à respecter la formulation intégrale et fidèle du et des scripteurs qui ont recopié des rituels de l’époque - rituels qu’ils ont pratiqués ou connus.

Quelques interprétations de Latomia ne prêtent pas à conséquences, d’autres font sourire, ou rendent la phrase totalement incompréhensible... À titre d’exemples, pour l’explication des emblèmes, et rien que sur une seule page (la page 14 de l’édition de Latomia), j’ai trouvé :

* « le tablier blanc représente le cercueil », au lieu de « le tablier blanc représente le linceul » ;

* « Jésus Christ ressuscitât tant », au lieu de « Jésus Christ ressuscitant » ;

* « l’eau du baptisme », au lieu de « l’eau du baptême » ;

* « la caplicité ou Maître Écossais » à la place de « La captivité du Maître Écossais » ;

* « s’entrenomment du tendre pour de Frère » au lieu « s’entrenomment du tendre mot de Frère » ;

* « forment l’église universelle et une, que ainsi les régulières de la Maçonnerie ne sont autres que » au lieu « forment l’église universelle et unique, ainsi les piliers de la Maçonnerie ne sont autres que » ;

* « les trois coups de couteau » au lieu de « les trois coups de rouleau » ; etc.

On le voit une transcription assidue était bien nécessaire. Les erreurs étaient bien trop multiples et ne présentaient aucun intérêt à être indiquées de surcroît dans l’édition présentée chez Arqa. En précepteur, j’ai fait la correction de la copie en question et de ma propre copie. En effet, il est dommage que je n’aie pas eu ce document, avant de faire moi-même ma propre transcription, armé effectivement de beaucoup de courage, d’une loupe à fort grossissement et des rituels de comparaison (pas toujours). Cela laborieusement, surtout pendant mes vacances à l’étranger, pour meubler les temps vides, mais je leur suis également reconnaissant car, par comparaison, j’ai pu aussi lever quelques incertitudes sur mon travail personnel. Je pense qu’il restera quand même, malgré toute mon attention, quelques coquilles possibles car la lecture de la graphie du XVIIIe est très fastidieuse et soumise parfois à interprétation...

SUITE DE L’INTERVIEW

Entretien inédit © Chroniques de MARS // Georges COURTS pour les Chroniques de MARS No 25 - Équinoxe d’automne, 2017.


ENTRETIEN avec Georges COURTS // Le Grand Manuscrit d’Alger - Tome 3 # 1

ENTRETIEN avec Georges COURTS // Le Grand Manuscrit d’Alger - Tome 3 # 2

Rémi BOYER // Préface au Grand Manuscrit d’Alger Tome 3

Georges COURTS // TABLE DES MATIÈRES du « Manuscrit d’ALGER » - Tomes 1,2,3

Georges COURTS // Le Grand Manuscrit d’Alger Tome 3 – (extrait) # 1

Georges COURTS // Le Grand Manuscrit d’Alger Tome 3 - (extrait) # 2

ENTRETIEN avec Georges COURTS // Le Manuscrit Jean BAYLOT # 1

ENTRETIEN avec Georges COURTS // Le Manuscrit Jean BAYLOT # 2

Georges COURTS // Le Manuscrit Jean BAYLOT - (extrait) # 1

Georges COURTS // Le Manuscrit Jean BAYLOT – (extrait) # 2

Georges COURTS // TABLE DES MATIÈRES du « Manuscrit BAYLOT »

ARQA éditions // SOUSCRIPTION Tome 3 & Manuscrit Baylot

Patrick BERLIER // La Symbolique des deux saints Jean – Saint Jean Baptiste

Thierry E. GARNIER // 1717-2017 - « D’où viens-tu ? - D’une loge de saint Jean » # 2

Emmanuel RIVIÈRE // Êtes-vous complotiste ou Illuminati ?

Jean IOZIA // MARTINISME – La Symbolique du Temple

Édouard de RIBAUCOURT // La Symbolique de la lettre G


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