Accueil du site > Le Blog > 27/9/2017 [La petite fille et le cosmonaute]

27/9/2017 [La petite fille et le cosmonaute]

En ce jour de juin 1964, Mr Jim Templeton, 44 ans, en promenade avec sa petite famille dans une zone désolée de marais, près de Solway Firth, à Westmorland, en Angleterre, décida de prendre quelques photos. La petite Elisabeth, 5 ans, sa fille cadette, prit la pose, tenant dans sa main un bouquet de fleurs des champs. Son père réalisa trois clichés. Rien d’anormal... jusque là.

Un personnage surnuméraire

Au développement de la pellicule, quelle ne fut pas la surprise de ce photographe amateur de découvrir, sur la deuxième photo (et non les autres), à l’arrière plan comme positionnée au sommet de cette colline, la forme d’une créature engoncée dans une drôle de combinaison, en partie cachée par la tête de la fillette ? Or, Mr Templeton était formel. « Au moment de la prise de vue, nous étions seuls, tous les quatre à plusieurs miles à la ronde : Elisabeth, sa sœur ainée Frances, mon épouse Ann, 52 ans, et moi-même. Si quelqu’un, comme ça, avait été là, je l’aurais vu, infailliblement. ». Personne à la ronde au moment de la prise des photos.

Chou blanc pour l’expertise

Très intrigué par le phénomène, M. Templeton, un pompier habitant Carlisle, emporta pellicule et tirage au bureau de la police le plus proche de son domicile. Selon lui, la surprise fut totale de la part des officiers préposés au maintien de l’ordre public qui furent textuellement médusés. « Les experts de la police vérifièrent et revérifièrent, mais tout ce qu’ils purent me dire au bout d’un jour de recherche, c’est que cela ressemblait à un homme en uniforme blanc et étroit portant un masque de protection, déclara Mr Templeton. Mais si quelqu’un de tel avait été là, je l’aurais vu. Il n’y avait personne devant moi, qu’Elisabeth. »

Le commissaire Tom Oldcorn reconnut, tout d’abord, avoir pensé à une vulgaire double exposition ou à quelque défaut inhérent à l’appareil photographique. Mais au fur et à mesure qu’on envisageait les possibilités multiples, elles s’éliminaient d’elles-mêmes les unes après les autres. Non le film n’était pas endommagé. Le cliché était si bon qu’il ne pouvait être question d’un vice technique. Alors, quoi ? Interrogé plus tard, le commissaire Oldcorn avait confié : « C’est un mystère complet. La première fois que j’ai vu la photo, j’ai pensé à une double exposition ou à quelque défaut de l’appareil photo. Mais il n’y a rien de tout cela. ». Et il dédouanait même l’auteur des photos : « Mr Templeton n’est pas un truqueur et il affirme qu’il n’y avait personne derrière sa petite fille. C’est ahurissant. ». Retournant dans le marais, des clichés furent pris mais sans problème cette fois.

Une zone sensible

L’affaire fut examinée avec d’autant plus d’intérêt que le marais du Westmorland en question (et le comté du même nom qui a fusionné avec celui du Cumberland en 1974 pour créer la Cumbria), là où fut réalisée la prise de vue, abrite une des bases atomique du NATO (North Atlantic Treaty Organization), destinée, entre autre, à tester certaines fusées... Ainsi, la police est plutôt concernée par ce qui se passe près de bases si importantes. Si bien qu’on put entendre un des porte-parole du Ministère de la Défense britannique s’exprimer en ces termes sur la question : « Peut-être que la silhouette porte une combinaison spatiale ou bien une tenue de vol dans la stratosphère. Peut-être est-ce un extraterrestre... ».

Des questions sans réponse

Vous pensez bien que de tels propos déchaînèrent mille suppositions. Le Daily Mirror reproduisit le cliché à la une de son édition du 13 juillet 1964. Mr Templeton déplorait que la recherche d’une explication n’ait abouti qu’à la constatation qu’il s’agit bien, derrière l’enfant, d’un grand gaillard de près de 2 mètres vêtu d’un uniforme blanc et équipé d’un casque à visière. Un intrus invisible au moment de la pose. De quoi alimenter bien des spéculations. Que faisait dans les marais cet être inapte à être vu à l’œil nu et pourtant fixé sur la pellicule ?

Apparemment, Templeton ne démordit jamais de sa version des faits. Il a campé sur sa position jusqu’à sa mort survenue en 2011 (dernière interview par la BBC en 2008) : il n’y avait rien ni personne derrière sa fille quand il a pris la photo. Pas sa femme, pas de mouette, etc. Toutes les tentatives d’explication du type paréidolie émises ne valent rien dans ces conditions . Le mystère reste entier.

Michel GRANGER

Les Chroniques de Mars, en l’occurrence Yves Bosson dans son Courrier Interplanétaire, vous ont déjà présenté cette image dans une meilleure qualité (car issue des collections de l’Agence Martienne) qui illustrait le court article "Les extra-terrestres face à l’objectif...".