Jean-Marc ROLLAND - Transhumanisme & Super-mémoire

I - Des lois de la Nature et de leur bon usage

On peut dire qu’au commencement la terre était informe et vide, qu’il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme et que l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. On peut dire que Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.

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On peut dire aussi sans se tromper que tout a commencé en 1990, avec l’établissement complet du séquençage de l’ADN du génome humain finalement achevé le 14 avril 2003, ce à quoi il faut rajouter dans le même temps la connaissance quasi parfaite - en tout cas en apparence - du patrimoine génétique animal et végétal terrestre. Sous couvert, la plupart du temps, d’une avancée significative et conjointe de la Science et de la Médecine afin de : « réparer », « prolonger la vie », « améliorer les capacités » physiques, sensitives, intellectuelles, psychiques, d’un homme devenu mi-robot mi chimère ; toutes les expériences hybrides sont dorénavant bonnes à entreprendre en laissant de côté toute éthique, sans parler bien sûr de spiritualité, ni même de morale ou de déontologie.

La banalisation actuelle - volontaire - du discours transhumaniste nous emmène progressivement à considérer comme « normal » la possibilité d’améliorer de façon efficiente la nature humaine par l’augmentation programmée de caractéristiques physiques et mentales sur l’être humain.

Il faut bien reconnaître que petit à petit la technologie transhumaniste prend le dessus, en silence et dans les coulisses de nos sociétés avancées. Pour donner un exemple, récemment une firme américaine a offert la possibilité à ses salariés de se faire implanter sous la peau une puce électronique grande comme un grain de riz en guise de laisser-passer au sein de l’entreprise, et ce pour payer ses plateaux repas à la cafeteria ou encore acheter des photocopies.

Nous sommes ici, tout simplement, à l’aube d’une nouvelle ère et d’une nouvelle structure sociale qui prend de plus en plus d’ampleur et qui préfigure une société où le développement de la cybernétique et des biotechnologies pourraient, sous peu, révolutionner totalement le genre humain. Nous assistons aujourd’hui à la fabrication - de toutes pièces - d’organes artificiels et l’homme se conçoit comme un assemblages de pièces éparses provenant à la foi de la biologie et de l’ingénierie. Un homme réparable à l’infini qui bafoue chaque jour un peu plus les lois de la Nature.

Comme le signale parfaitement le neurologue François Berger les sentiers que nous empruntons s’apparentent à un « crime contre l’humanité ».



II - Du transhumanisme libéral à l’eugénisme totalitaire

« Si vous voulez une image de l’avenir, imaginer une botte piétinant une face-humaine pour toujours. »

George Orwell – 1984

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On peut dire aussi qu’au XXIe siècle l’homme a tenté d’augmenter l’homme… et la dernière expérience en date concerne le siège de la mémoire dans le cerveau.

- Mais comment… ?

En lui ajoutant, c’est opérationnel en laboratoire depuis ce mois-ci, (novembre 2017), un implant cérébral possédant les capacités d’augmenter la mémorisation du patient selon un nouvel apprentissage de la mémoire dans une région du cerveau appelé « l’hippocampe »… Ce nouvel implant, qualifié de « prothèse de la mémoire », ajoutée dans des cerveaux humains par l’équipe du docteur Dong Song est parvenue à améliorer de 30 % la mémoire des 20 participants à l’expérience ! L’annonce de cette expérimentation qui ouvre des perspectives insoupçonnées a été faite au congrès annuel de la « Society for Neuroscience » qui s’est déroulé à Washington (États-Unis) ce mois-ci, le journal « NewScientist » s’est lui aussi fait l’écho de cette « avancée » incroyable.

Mais le plus surprenant, par curiosité et paradoxe, c’est justement cette région précise « l’hippocampe », siège de la mémoire qui a été mise en accusation récemment pour posséder, en terme de mémorisation, un déficit croissant relatif au quotient intellectuel du citoyen des USA et de l’Europe du Nord - (voir l’article de Jacques Erlich sur le QI des français dans ce numéro – « Le QI des Français en chute libre »).

Autrement dit…, telle Pénélope attendant Ulysse, nos sociétés avancées, (avant de nous soumettre des implants obligatoires, tout comme les vaccins), nous vendent à jets continus des objets informatiques (ordinateurs, téléphones portables, etc.), que nous qualifierions de « doudous pour adultes », objets qui nous abrutissent chaque jour un peu plus d’avantage par leur addiction diabolique. Et, d’un autre côté, ces mêmes sociétés avancées se servent des premiers patients « consentants » comme des cobayes humains pour augmenter via des « prothèses de mémoire » un savoir qui nous fait défaut par paresse et inertie. La boucle est ainsi bouclée... et l’économie du village mondial peut aller de l’avant vers un monde meilleur, vers une nouvelle « race à venir » comme disait Sir Edward Bulwer-Lytton.

Rassurons-nous, nous ne sommes qu’au début de ce film de science-fiction, qu’au début d’une offensive d’envergure que nul n’arrivera à endiguer, car cette programmation eugénique à un but précis, celui d’assujettir les consciences tout en esclavagisant les âmes.

Mais qu’est ce qu’une âme au regard du transhumanisme ?

La question mérite d’être posée, n’est ce pas… ?

Jean-Marc ROLLAND © - Photos DR. - Les Chroniques de Mars, numéro 26 - Décembre 2017.



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