Thierry E. GARNIER - Le vrai visage de la face de bouc


Des heures noires de l’inquisition médiévale

à Facebook et autres réseaux sociaux

* * *

Amis des rézosocios ce petit essai est fait pour vous !

Soit vous avez déjà pactisé avec le bouc et votre sort est déjà scellé pour l’éternité, soit vous vous apprêtez à le faire, soit vous vous en tenez éloignés… ? Dans tous les cas ces quelques lignes sont à méditer.

Il y a quelques années encore, pas si lointaines que cela, lors d’un différend entre deux individus irritables où l’honneur était en jeu - ce qui n’est pas rien - le conflit se réglait au premier sang, dare-dare, au petit matin, sur le pré, entourés d’amazones aux yeux de biches, altières et pâmées, d’un public choisi et connaisseur devant les luttes d’orgueil, et bien sûr accompagnés de deux témoins balèzes en haut de forme aux allures de gorilles. Aujourd’hui pour clasher son voisin, c’est sur Twitter ou sur Facebook que tout se passe… !

Autre temps, autres mœurs… et les mœurs changent avec l’humeur, sans doute un signe de plus de notre décadence programmée… Autant dire qu’aisément dissimulé derrière son ordinateur, assorti d’un pseudo débile, les invectives volent bas et les noms d’oiseaux sont de sortie. La lâcheté et la veulerie des trolls modernes sont sans nul doute les armes déficientes des héros des temps nouveaux. « - On vit une époque formidable », comme disait en son temps Reiser, avec dérision.

Alors que plus de deux milliards d’individus connectés au village mondial sont sur Facebook - le réseau social où il faut être pour se sentir exister - 90 millions d’entre eux, (j’allais dire comme vous et moi, mais enfin surtout vous, parce que moi je n’y suis pas), viennent de découvrir avec effroi que toutes leurs données personnelles sont régulièrement exploitées, vendues et revendues pour des centaines de millions de dollars, pour mieux tracer notre vie personnelle dans ses moindres détails et en notre défaveur… Sacrebleu ! Comme si on ne pouvait pas s’en douter alors que c’était écrit en toutes lettres dans la Charte Facebook que l’on signe avec son sang - et c’est même-là la raison d’exister de la multinationale américaine Facebook... De toute façon Mark Zuckerberg - l’homme qui nous connaît mieux que notre propre mère - a présenté solennellement ses excuses au Congrès américain ce mois-ci, attestant qu’il a fait « une erreur » en vendant des millions de données personnelles uniquement par goût du lucre, preuve s’il en était besoin de sa totale duplicité. Les utilisateurs de Facebook attendent donc leurs remboursements en louis d’or sonnants et trébuchants - Alors, elle est pas belle la vie… ?

Et encore, dans ma mansuétude, je ne vous parle même pas de « Youtube », la plateforme de vidéos située à San Bruno, en Californie, créée en février 2005 par trois anciens employés de… PayPal et rachetée par… Google en octobre 2006 pour la somme de 1, 65 milliard de dollars. (Et l’on nous dit, en catimini, que les GAFA sont quatre frères siamois…).

Mais pour en revenir à qui vous savez, il est vrai que partager sa life trépidante sur Facebook sous forme de selfies quotidiens, (entrecoupée de vidéos de chats…), est pour beaucoup, et de loin, un moyen unique de faire connaître au village mondial en décomposition son mode de vie égotique et ses centres d’intérêts multiples. En réalité, comme le disent les spécialistes du marketing… : « quand vous ne savez pas qui est le produit… c’est que c’est vous… ! » Pendant ce temps là, alors que Mark Zuckerberg fait acte de contrition, nos recherches Google d’hommes-sandwiches sont prises en compte à travers nos historiques de navigation dans leurs moindres détails, nourrissant la bête, ils préviennent nos pensées et nos actes d’achats avant même que nous les ayons anticipées - un peu comme dans « Minority Report », le film de Steven Spielberg, mais évidemment en plus mercantile… Ah ! les joies du « retargeting » du e-commerce, comme l’on dit dans les starts-up de la Silicon Valley…

Plusieurs questions restent cependant en suspens. Facebook est-il également devenu ces dernières années un organe de propagande et de manipulation de l’état profond ou même une officine de services secrets étrangers, (Cf. dernières élections US ou françaises, par exemple) - via l’ouverture de milliers de faux-comptes Facebook ? La remarque mérite d’être énoncée avec clarté… Sur ce même sujet et sur l’opacité et la pseudo-sécurisation des données personnelles, le réalisateur Jakob Gottschau dans son documentaire « Facebookistan » (visible sur Youtube), présente avec une grande pertinence un curieux visage de cet état dans l’état.

De plus, le géant américain prenant de l’expansion au plan mondial, celui-ci a vu dernièrement son créateur avoir des velléités très affirmées pour se présenter à la présidence U. S. lors des prochaines élections de 2020 contre Donald Trump… ! Faut-il voir alors, dans cette décision politique de Zuckerberg, l’explication de la révélation récente du scandale « Cambridge Analityca » et un moyen de contrarier le plan de carrière du fondateur de Facebook ?

Quoi qu’il en soit, en un mot comme en cent, que vous soyez suiveur ou suivi, il est une raison qu’il faut se faire : la Matrice a trouvé du répondant à nos libertés, à nos états d’âmes, à notre pouvoir d’achat…

Une alternative est-elle possible à ce triste constat consumériste qui, sous couvert d’un accroissement des libertés, ouvre en réalité la porte à toutes les dérives totalitaires… Le constat est patent et, de Facebook, Tweeter & Co., les réseaux sociaux et tous ceux qui les composent, en longues files de suiveurs s’étirant de pays en pays, érigent sur le Web et sur leurs mobiles, comme au temps jadis, des bûchers de sorcières, des autodafés de livres, des mises au pilori en place de grève et des tribunaux populaires que n’auraient pas renié les heures les plus noires de l’inquisition médiévale ou du Stalinisme.

Interrogé par un journaliste pour une interview sur cette sous-culture du monde moderne, le sémiologue Umberto Ecco répondit sans ménagement : « les réseaux sociaux ont donné la parole à des légions d’imbéciles qui avant, ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd’hui, ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel… ». Avec l’affaire « Cambridge Analityca » est né en langue américaine, dans l’Empire de Donald, le hashtag #deletefacebook, mais il n’y a aucun signe, jusqu’à présent, que les utilisateurs - ou les annonceurs - abandonnent Facebook en masse… Alors que faire ? Peut-être, en dernier recours, pour les (...)

Thierry E Garnier // Des heures noires de l’inquisition médiévale à Facebook et autres réseaux sociaux (Extrait) - K2Mars – No 27, mai 2018.


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