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3/1/2011 [APOPHIS]

« L’an mil neuf cent nonante neuf sept mois - Du ciel viendra un grand Roy d’effrayeur - Ressusciter le grand Roy d’Angolmois - Avant après Mars régner par bonheur. » On se souvient du 11 août 1999… très rare date éloignée de son temps, donnée par l’initié de Saint-Rémy, Michel de Nostredame, dont on sait qu’il maîtrisait parfaitement les calculs astronomiques en relation avec la prévision des éclipses ( III - 4 « Quand seront proches le défaut des lumières… »). Si la relation directe entre l’éclipse d’août 1999 et la date donnée par Nostradamus n’est pas indubitable, il n’en demeure pas moins que l’intersigne fit florès… Inutile de revenir sur ce fait incontournablement bavard. Le 11 juillet dernier, une éclipse totale de soleil s’est elle produite aux antipodes assombrissant en silence durant plusieurs minutes, à l’horizon, toutes les crêtes des vagues du Pacifique ; et demain, 4 janvier 2011, le soleil se lèvera chez nous partiellement éclipsé par la Lune. (Le Nord et l’Est de la France verront l’éclipse avec 64 à 68% du disque solaire masqué). Si le phénomène attire toujours la curiosité bien naturelle des foules occidentales un peu hébétées, rappelons pour mémoire qu’en Inde aujourd’hui, comme en Amérique du Sud autrefois, (les Incas utilisaient un calendrier luni-solaire de 365 jours), le phénomène est toujours perçu comme particulièrement néfaste. Symboliquement il ne s’agit ni plus ni moins d’une occultation du soleil, c’est-à-dire de la « chute » impromptue de l’organe moteur de notre univers. Cela prend son acception en Egypte ancienne, avec le mythe de la barque solaire et d’Apophis le dieu-serpent avalant le soleil, ou encore avec un rituel similaire, en Inde, avec les asuras Rahu et Ketu démons gémeaux privant le monde de toute lumière et finalement coupés en deux par Vishnou.

Mais tous ces contes à dormir debout, d’ogres, de mythologies diverses et ancestrales, de soleils et de lunes se dévorant mutuellement, de dragons noirs et blancs, ne sont encore là bien sûr des millénaires plus tard que pour amuser une galerie d’ombres chinoises, témoin muette de son temps, manifestations de coulisses qui arpentent lourdement un monde las regardant passer avec gourmandise l’évolution quotidienne du CAC 40…, beaucoup plus que l’or du temps.

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