Daniel DUGÈS - Le codage du chemin de croix de RLC.

L’idée qu’il puisse exister un codage du chemin de croix de RLC, est une idée qui fait son chemin, … lentement mais sûrement… Au mois de mai 2008, il y a donc maintenant plus de trois ans ! Daniel Dugès présentait pour la première fois chez ARQA, dans son livre « RLC - Entre la Rose et l’Equerre », un travail très fouillé et très argumenté, à base de recoupements, de notes, de photographies et de cartes IGN, concernant le codage du chemin de croix de RLC, mis en vis-à-vis avec la carte d’Edmond Boudet. A l’époque la tendance générale, y compris des meilleurs spécialistes de l’affaire, était de considérer comme saugrenues les thèses présentées en son temps, par De Sède et donc leur prolongement par Dugès... Dans le cadre de nos publications sur Rennes, publiées ce 12 juillet 2011 > // Les Chroniques de Mars No 5, il apparaît comme très nécessaire de signaler à nouveau cette étude, tant elle commence aujourd’hui finalement, trois ans plus tard, à se retrouver parfaitement partagée par autrui. Nous proposons donc à nos lecteurs quelques morceaux choisis de ce travail inédit de Daniel Dugès.

UN CODAGE dans l’ÉGLISE de RLC – Par Daniel DUGÈS (extraits du livre)

Depuis près de vingt ans que nous travaillons sur l’affaire de Rennes-le-Château, nos convictions ont été ébranlées à plusieurs reprises à la lueur de certaines découvertes. Mais nous avons pensé depuis longtemps comme beaucoup de chercheurs qu’il y a un lien étroit entre Rennes-le-Château et Rennes-les-Bains. La découverte du sens du décor de l’église nous a mené à penser que si ce lien avait été inscrit dans l’église, ce ne pouvait être qu’à travers le chemin de croix…

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I

La première station représente le moment où Jésus se retrouve devant Pilate, qui va le condamner, malgré lui, semble-t-il, et se “laver les mains” du sang de ce juste. (…) Cette première station est une sorte de carte de géographie. Une carte imprécise mais qui nous renvoie par allusions à une zone située dans le “cromlech” de l’abbé Boudet.

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II

La deuxième station est une des plus difficiles à lire. C’est officiellement le moment où “Jésus est chargé de sa croix”. Elle est située aux environs du sommet du Cardou. L’image représente Jésus entouré de gardes romains, les boucliers levés comme pour se protéger des menaces de la foule (…).

III

La troisième station représente la première chute de Jésus. En observant la station, on se rend compte que la croix, telle qu’elle nous est représentée, est une croix grecque, c’est à dire à branches égales. Sur le côté droit, un homme joue d’un instrument de musique courbé. Dans le fond deux tours carrées sont visibles (…).

IV

La station numéro quatre représente Jésus rencontrant sa mère, moment de tristesse et de larmes. Elle montre une jeune fille à genoux, qui pleure en s’accrochant à la vierge. La croix est de nouveau une croix grecque ; dans le fond on aperçoit un étendard devant lequel se présente une enseigne romaine formée de trois éléments (…).

V

La station V est la plus abîmée, elle représente le moment où Simon de Cyrène est appelé pour aider Jésus à porter sa croix. Ici, la lecture est simple et directe, c’est la station de “l’aide”. L’endroit où est placée cette station doit nous aider dans nos recherches. La peinture très écaillée laisse apercevoir en haut à gauche une montagne ressemblant fort au Cardou (…).

VI

La station VI est la fameuse rencontre entre Jésus et cette femme qui lui essuie le visage, que l’on appellera sainte Véronique. Ce nom en latin, “vera icona”, signifiant “vraie image” ; il y a fort à penser que ce mythe fut créé tardivement. Le visage de Jésus serait resté imprimé sur le linge. En observant de très près la station de Rennes on devine d’ailleurs le visage du Christ.

Cette station est assez facile à lire, il s’agit du “Cap de l’homme”. En effet, en occitan tête se dit “cap”, sainte Véronique n’est-elle pas en train de relever sur le linge, le cap de l’homme, “la tête de Jésus”, comme nous le précise l’abbé Boudet dans son livre, en parlant de la statue qui aurait été découpée sur un menhir en ce lieu : “Cette sculpture qui a vu près de dix-huit siècles, a fait donner à cette partie du plateau le nom de Cap dé l’Hommé (la tête de l’homme), de l’homme par excellence, filius hominis” (…).

VII

La station VII représente la deuxième chute de Jésus. On y voit un homme qui montre une direction vers le haut, alors que Jésus est au sol. Ce dernier, présente une forte inclinaison, le tout nous suggérant que l’homme est en train de dire à Simon : “Aide-le, il va falloir monter là-haut” (…).

VIII

La station VIII a beaucoup fait parler d’elle. Surtout, quant au fait qu’on y voit une femme vêtue de sombre tenant dans ses bras un enfant enveloppé dans un tissu écossais (…).

IX

La station IX nous montre la troisième chute de Jésus. Le sol est légèrement en pente, un soldat romain soutient la croix pendant qu’un homme habillé de tissu virevoltant aide Jésus à se relever. Un cavalier domine le tout. Le plus intéressant ici est la manière dont le corps de Jésus a été dessiné. La tête est complètement cassée et disparaît dans la ligne des épaules, le corps et le bras forment un angle assez étrange.

Nous pensons que cette station se situe au sommet du Basel. Or, il est à cet endroit quelques rochers curieux dont un qui a exactement la forme du corps de Jésus sur la station. Aujourd’hui, les arbres empêchent de prendre du recul pour faire une photo de cette pierre dans son ensemble, mais sur la photo ci-dessous on le voit dépasser de la forêt. Ce rocher est à tel point remarquable que l’abbé Boudet nous en parle : ” Une de ces pierres mesure plus de huit mètres de longueur, sur deux de largeur et autant de hauteur : cette masse d’environ trente-deux mètres cubes a été soulevée, inclinée dans une direction voulue, et calée à une de ses extrémités afin que son poids énorme ne l’entraînât point sur la pente raide de la montagne. Il faut voir, de ses propres yeux, cette oeuvre gigantesque, qui cause une stupéfaction : aucune description ne peut donner une idée exacte de ce travail prodigieux.” La station IX indique cet énorme bloc situé au sommet du Basel (…).

X

La station X nous présente le moment où Jésus, avant d’être crucifié, va être déshabillé et où ses habits seront tirés au sort par les soldats. Un soldat, dont le bras est aujourd’hui cassé, vient de jeter les dés (…).

XI

La station XI nous montre le moment où Jésus est cloué sur la croix (…) ; Au sommet du Serbaïrou, sur un rocher, est gravée une magnifique croix grecque dont nous parle l’abbé Boudet : “Tout à fait dans le haut, directement au-dessus du dolmen, une roche de la crête porte une croix grecque gravée dans la pierre : c’est la plus grande de toutes celles qui nous a été donné de reconnaître”. C’est la station XI (…).

XII

La station XII est celle de la crucifixion (…). Comme nous l’avions suggéré à la station III, la station XII est placée au sommet de la montagne de Blanchefort. Il ne faut pas confondre le château et le sommet. Celui-ci est quelques dizaines de mètres plus haut que le château. Sur certains documents que nous avons consulté, ce lieu est appelé “caput” ce qui en latin veut dire “sommet” aussi bien que “tête.” Les concepteurs du Chemin de Croix ont ici joué sur les mots, car Caput, Tête, et Golgotha ont tous trois le même sens : la tête. La station XII est bien au sommet de Blanchefort, d’ailleurs sur le terrain le lieu est très évocateur ; on est vraiment sur un tertre de quelques mètres carrés (…).

XIII

La station XIII représente la descente de croix. Le corps de Jésus est descendu, maintenu dans un linceul. Ici, le sol est horizontal, une légère pente vers la gauche pourrait indiquer la pente d’une rivière, donc une vallée. Joseph d’Arimatie regarde vers la partie du linceul qui est au-dessus de la tête de Jésus, il est de dos. Nous pourrions être dans la vallée de la Sals au pied de ces grands rochers blancs qui en dominent le cours. Il s’agit des fameuses aiguilles que l’abbé Boudet nomme “les Lampos.” (…).

XIV

La quatorzième station fait beaucoup parler. Elle montre normalement la mise au tombeau de Jésus. Mais depuis longtemps les chercheurs ont remarqué qu’elle semblait décrire cette scène de nuit. Or, si l’on s’en tient aux texte des évangiles ceci aurait dû se passer dans le milieu de l’après-midi. Il faut comprendre, sans doute, que le lieu indiqué par cette station est souterrain et probablement assez profond, sous la montagne… (…)

Daniel DUGESEntre la Rose et L’Equerre (extraits) – Le codage du chemin de croix de RLC, Arqa ed. 2008 & les Chroniques de MARS – No 5, 13 juillet 2011.


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