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23/9/2011 [Décès de Jean-Paul Clébert, écrivain de la Provence et du Paris populaire]

Le romancier et historien de la Provence, Jean-Paul Clébert, est décédé mardi dans le Luberon à l’âge de 85 ans, ont annoncé mercredi les éditions Attila qui avaient réédité il y a deux ans "Paris insolite", superbe chronique de sa vie de vagabond, publiée en 1952.

Fils spirituel de Jack Kerouac et d’Antoine Blondin, Jean-Paul Clébert est né en 1926 dans une famille bourgeoise de Neuilly-sur-Seine. A 16 ans, il fugue de son collège jésuite pour atterrir dans le Paris de la Résistance.

Chargé notamment des contacts avec les groupes de résistants juifs, ses missions le mènent dans le Marais mais aussi chez les tziganes, auquel il consacrera plusieurs livres, les Russes blancs de Meudon. Il se fait initier par la rue et les prostituées.

Après la Libération, il enchaîne les petits boulots, travaille aux Halles, fait parfois les poubelles d’André Breton dont il revend les lettres aux bouquinistes. Et il prend des tonnes de notes sur sa vie de vagabond et sur un Paris populaire qu’il sait condamné à disparaître. Il côtoie Prévert, Robert Giraud, Doisneau ou Brassaï, fréquente les bistrots des clochards et partage leurs errances.

Le résultat, c’est "Paris insolite", publié chez Denoël sur les conseils de Blaise Cendrars. Le livre est un choc littéraire et un succès. Il obtient plusieurs voix au Goncourt, se retrouve dans d’autres sélections de prix. Une version illustrée de photos de Patrice Molinard paraît en 1954.

Repéré par Pierre Daninos, Jean-Paul Clébert parcourt ensuite l’Asie durant deux ans pour Paris Match et France Soir, fait aussi des reportages photos. Mais, lassé, dit-il, de se voir commander des articles sur les maharadjahs quand il préfère couvrir des grèves de mendiants, il rentre en France. Direction : la Provence. Le Lubéron des années cinquante est quasiment désert, les maisons en ruines... Il y prolonge sa vie vagabonde.

Puis il s’installe en 1968 dans une ancienne tour médiévale à Oppède le Vieux, village qui fut familier aux peintres surréalistes. Il écrit deux autres romans chez Denoël, "la Vie sauvage" et "Le Blockhaus", puis des romans historiques chez Albin Michel, des biographies (Mistral, Daudet...) et plusieurs ouvrages sur la Provence.

Il avait reçu en 1988 le Prix littéraire de Provence pour l’ensemble de son œuvre.

Les obsèques de Jean-Paul Clébert auront lieu jeudi à 11h00 à Bonnieux (Vaucluse).

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