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6/10/2011 [iDead - by Apple]

Une pomme en noir et blanc ? Des News…Pas d’iPhone 5 pour tout dire, mais un iPhone 4S… En noir ET blanc – directos – woaw, ça change…Et sans appli « juif ou pas juif » ? – C’est pas plus mal… ! Avec Steve Jobs, c’est souvent en noir et blanc - tout ou rien.

On aime ou on n’aime pas.

Reste le bonhomme à la pomme ?

Mais lui aussi possède son appli en noir et blanc à vrai dire ? Le créateur de génie visionnaire informatique « bouddhiste » à col roulé ou le tyran gourou capitaliste qui trouvait que les usines à suicides chinoises sont plutôt « sympas » ?

A vous de voir…

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Oui mais non ?

Steve Jobs un méchant dictateur

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[J’aime]

Steve Jobs, le fondateur d’Apple, est mort...

Apple a annoncé dans un communiqué la mort de son cofondateur, Steve Jobs, ce mercredi. Il avait 56 ans. Il restera comme un visionnaire, certains diront un génie, qui a profondément marqué l’histoire de l’informatique. En congé maladie depuis janvier, le père du Macintosh et de l’iPod avait abandonné son poste de PDG et passé la main à Tim Cook en août dernier. Ses problèmes de santé ne lui permettaient plus de remplir ses fonctions. Dans sa lettre de démission, il écrivait cet été :

« J’ai toujours dit que si devait arriver le jour où je ne pourrais plus exercer mes fonctions comme PDG d’Apple, je serais le premier à vous le dire. Malheureusement, ce jour est arrivé. »

Ce patron bouddhiste, toujours en t-shirt noir, jean et baskets, avait survécu à un cancer du pancréas en 2004. L’année d’après, il avait évoqué la mort devant des étudiants de Stanford :

« Personne ne veut mourir. Même ceux qui veulent aller au paradis ne veulent pas en passer par la mort. Et pourtant la mort est une destination que nous avons tous en partage. Personne n’y a jamais échappé.

Et c’est ainsi que cela doit être, parce que la mort est très probablement la meilleure invention de la vie […]. L’ancien doit faire de la place au nouveau. Maintenant, le nouveau, c’est vous, mais dans pas très longtemps, peu à peu vous vieillirez et disparaîtrez. Désolé d’être aussi solennel, mais c’est la vérité. Votre temps est compté, alors ne le gaspillez pas en vivant la vie de quelqu’un d’autre. Ne vous laissez pas piéger par les dogmes […]. Ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition […]. Tout le reste n’est que littérature. » Steve Jobs avait bénéficié d’une greffe de foie il y a deux ans. Mais en 2009, la maladie l’avait contraint à un long congé. Les rumeurs entourant son état de santé, alliées à la crise économique, avaient fait chuter l’action Apple de presque 60% en un an.

L’inquiétude des actionnaires était compréhensible : après un premier départ de Steve Jobs, écarté par le conseil d’administration au cours d’une bataille de pouvoir, en 1985, Apple avait décliné. Parti fonder les studios de dessin animé Pixar, Jobs avait été rappelé en 1997. Il avait alors orchestré une étonnante série de succès : les iMac, l’iPod, l’iPhone, l’iPad...

Mathieu Deslandes

[J’aime pas]

APPLE – La face cachée de la Pomme…

[Suicides à la chaîne chez le géant Foxconn]

ReportageA Shenzhen, onze jeunes employés du sous-traitant chinois d’Apple, Dell ou Nokia se sont donné la mort depuis le début de l’année. Notre envoyé spécial a rencontré les ouvriers de cette usine d’électronique, surmenés, brimés et isolés.

La porte sud de l’usine Foxconn est gardée comme une caserne. Portail électronique, fouille obligatoire. Les sentinelles manifestent une allergie particulière à l’endroit des journalistes qui viennent enquêter sur les onze suicides survenus depuis le début de l’année au sein de cet atelier du monde, de taille démesurée. Plus de 300 000 ouvriers y fabriquent à la chaîne l’iPhone d’Apple (1), les téléphones portables Nokia, les consoles de jeu de Sony et les ordinateurs de Dell et Hewlett-Packard.

L’usine de Shenzhen n’est pourtant qu’une miette de l’empire de la sous-traitance électronique du Taïwanais Terry Gou. Plus de 800 000 ouvriers travaillent dans la douzaine d’usines Foxconn de Chine. Son « modèle », révélait Terry Gou en 2007 dans l’une de ses rares interviews, est le conquérant mongol du XIIIe siècle Gengis Khan. « Il ne faut pas craindre d’être un dictateur quand c’est pour le bien de tous », lit-on dans un manuel destiné à ses contremaîtres. Sur les murs de l’entreprise, il a fait inscrire « Le démon est dans le détail », une devise censée inciter à la minutie les ouvriers qui travaillent à la chaîne, où le même geste est répété en moyenne toutes les sept secondes.

La plupart des employés qui ont mis fin à leurs jours à l’usine Foxconn de Shenzhen, située à la frontière de Hongkong, ont plongé du haut des dortoirs modernes où ils vivent entassés à dix par chambrée. Quatre filles et six garçons, âgés de 19 à 24 ans. Même les ingénieurs ne sont pas à l’abri. L’un d’eux, Yan Li, est « mort de surmenage », le 26 mai, après avoir travaillé vingt-quatre heures d’affilée, vient d’annoncer sa famille, qui réclame 250 000 yuans (30 000 euros) de dommages à Foxconn. Jeudi dernier, le lendemain du décès de l’ingénieur, un employé s’est taillé les veines, mais a pu être sauvé à temps. Hier, la situation était jugée suffisamment sérieuse pour que Steve Jobs, le gourou d’Apple, déclare que son groupe « s’attelle au problème », tout en qualifiant l’usine de Foxconn de « chouette ».

« Mingong ».« Douze heures par jour, six jours par semaine, pour 1300 yuans par mois [156 euros], n’y a-t-il pas de quoi être déprimé ? » répond Yao Wen, 19 ans, quand on lui demande pourquoi un tel vent de désespoir souffle sur son usine, qui, jusqu’alors, ne connaissait qu’un ou deux suicides par an. « Et puis, il y a aussi les déboires sentimentaux et sans doute la fatigue. » Yao, tout comme ses pairs, est un mingong (travailleur migrant) venu des campagnes où l’agriculture ne rapporte plus. Il envoie une partie de ses gains à ses parents qui en ont besoin pour vivre. Mais il a l’impression de n’être ici qu’une simple vis dans un rouage, et, pire encore, une vis qu’on peut remplacer sans que personne s’en aperçoive. « Je ne suis ici que pour l’argent, mais, à vrai dire, à Foxconn, c’est même plutôt mieux que dans les petites usines où j’ai travaillé avant. »

Les suicides en série n’ont pas dissuadé Xiao Lan, 19 ans, venue de son village de la province du Hunan. Avec des centaines d’autres, elle fait la queue depuis 5 heures du matin dans l’espoir d’être embauchée. « Mes parents s’inquiètent et m’appellent sans cesse au téléphone. Ils ont entendu plein de choses à la radio et, pour eux, Foxconn est devenue "l’usine du suicide". Mais j’ai plein d’amies qui y travaillent, et elles disent qu’on est mieux traité qu’ailleurs. » Quand les commandes affluent, Foxconn embauche jusqu’à 3 000 ouvriers par jour. Presque autant quittent l’entreprise, souvent par épuisement. En moyenne, 10% de la main-d’œuvre est renouvelée tous les mois. Pour être embauché, il faut avoir 18 ans, parfois seulement 16, et être en bonne santé. « Si on ne travaille que les huit heures quotidiennes requises, on ne touche que 900 yuans [108 euros] mensuels, et ce n’est pas assez, explique Yao. C’est pourquoi presque tout le monde fait des heures supplémentaires. Mais la fatigue venant, gare à l’erreur, car les contremaîtres peuvent vous insulter et même vous maltraiter[lire ci-contre]. »

Dédommagement. Les familles des ouvriers suicidés auraient perçu entre 100 000 et 400 000 yuans de dédommagement (de 12 000 à 48 000 euros) et beaucoup y voient la raison qui aurait poussé ces jeunes au suicide. « Foxconn accorde un minimum de 100 000 yuans à la famille de toute personne qui décède dans l’usine, rapporte un ancien ouvrier qui souhaite rester anonyme. Imaginez que vous êtes un jeune de la campagne, que vos parents espèrent que vous allez leur envoyer de l’argent, que vous êtes abruti par ce travail répétitif, déprimé par le peu que vous gagnez, peut-être par une histoire de cœur… L’idée d’assurer l’avenir de votre famille en mettant fin à vos jours peut-être tentant. » Contactée, la direction de Foxconn n’a pas répondu à ces allégations, mais a tenté cette semaine de faire signer à ses ouvriers une lettre dégageant l’entreprise de toute responsabilité en cas de décès. Plusieurs médias ont crié au scandale et l’initiative a fait long feu.

Le patron, Terry Gou, avait tout d’abord réagi nonchalamment à la vague de suicides, qu’il a tenté de conjurer en invitant des moines bouddhistes à célébrer des offrandes sur les lieux du drame. Plus judicieusement, il a décidé d’embaucher des équipes de psychologues, d’installer une ligne de téléphone SOS-suicide, puis, cette semaine, d’augmenter tous les salaires de 20%. Hier, l’entreprise a annoncé que la hausse générale des salaires serait de 30%… un crève-cœur pour Terry Gou, adepte du « cost-cutting », rognant ici et là incessamment, centime par centime.

« Dans la cantine, explique un ouvrier, il est interdit, sous peine de réprimande, de laisser quoi que ce soit dans son assiette. » Sur les chaînes de montage, qui fonctionnent 24 heures sur 24, les erreurs peuvent se traduire en amendes, qui réduisent parfois considérablement le salaire. « A Foxconn, les ouvriers sont soumis à un régime quasi-militaire, analyse Cai Chongguo, un expert de la condition ouvrière du China Labour Bulletin. Ils sont privés de vie familiale et amoureuse. Issus des zones rurales, ils se rendent vite compte que leur salaire de misère ne leur permettra jamais de fonder un foyer, ni d’avoir une place dans la vie urbaine. Ils se sentent comme en prison. » Ces suicides en série sont, pour cet expert, l’expression d’un malaise plus général de la classe ouvrière chinoise, de plus en plus revendicatrice en raison d’une hausse générale des prix depuis janvier. De nombreuses grèves ont éclaté ces derniers mois, phénomène étonnant dans un pays où les syndicats indépendants sont proscrits. A Foshan, près de Shenzhen, 1 900 ouvriers de Honda ont cessé le travail depuis le 17 mai, en s’organisant clandestinement, en partie grâce à Twitter, paralysant toutes les usines de l’entreprise japonaise en Chine. Une augmentation de salaire de 24% aurait permis la reprise du travail hier, selon Honda. « On assiste peut-être, estime Cai, aux prémices d’un changement du modèle de production chinois basé sur les bas salaires. » (1) Apple et Foxconn n’ont pas voulu confirmer ou infirmer les informations selon lesquelles l’iPad était bien fabriqué dans cette usine.

PHILIPPE GRANGEREAU Envoyé spécial à Shenzhen

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