Christian CATHER - Le secret de Florence

Je crois que si l’on veut se plonger dans le Florence de Dante, il faut immanquablement être aimé d’elle comme Dante a aimé Béatrice di Folco Portinari. La casa di Dante est a quelque pas de l’église que fréquentait Béatrice.

A la sortie des tours élancées des grands propriétaires florentins, traversant les jardins ombragés , la tour de Dante côtoie la ruelle de l’église ou sa famille va prier et sur ce chemin là, il croise éperdu de vie Béatrice dès l’age de douze ans. C’est dire si cet âge si symbolique signifie qu’il entre déjà dans la rénovation de sa vita nova, il incarne son destin et l’on entre dans une église sous un porche obscur. Rien ne laisse apparaître dans cette église du faste florentin. Elle est assez sombre et doit être agréablement propice à la méditation puisque fraîche en été. On imagine bien sûr, que Dante a été à une réunion de loge d’alchimiste prés d’Orsanmichele et il vient-là laisser reposer dans le matras de son âme les péripéties du lion vert qui va cuire sa rose… La tombe de Béatrice est au septentrion sous l’autel on la discerne à peine mais elle est là et tout l’objet amoureux de Dante est dans la multiplication des armes de Béatrice d’or et de sable…

Déjà enfant Dante projette sur Béatrice un amour pur et innocent, un amour d’Éternité dans l’Éternité de sa rose. Dante aimait aller aussi au Duomo dans sa Jérusalem céleste car toute l’alchimie des scènes bibliques donne une lecture du quaternaire et du ternaire et ce qui éclaire plaisamment l’âme du florentin - c’est cette lecture secrète des évangiles qui a été mise en place par les grandes âmes de la peinture du quattrocento par toutes les réincarnations du collège des apôtres eux-mêmes. Le sait-il ? Peu importe - il le vit, il le sent…

Il faut se rendre compte que l’on est éperdu d’amour devant le couronnement de la vierge de Lorenzo, car le feu secret divin vient ébranler notre materia prima et nous nous consumons sans fumée dans les larmes de la joie devant cet élan prodigieux des évangélistes, devenus des peintres, peut-être serions-nous plus ému encore par l’annonciation alchimique de la vierge de Martini et l’école du Duocento.

Florence a bien des secrets et cet amour commence par la Divine Comédie, il faut être traversé par les flèches d’amour de Dante, par cet amour du texte de ces chants si merveilleusement exprimés en langue verte et d’or pour y goûter son verbe et boire à la coupe de son graal florentin.

Je ne me remets pas de sa lecture qui me porte sans cesse dans l’arbre de vie des cabalistes hébreux et parfume d’huile ma tête.

Florence il est vrai m’a livré son Secret…

Christian Cather - Les Chroniques de Mars numéro 7, novembre 2011.

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