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Walter GROSSE - L’Alchimie et le troisième principe de la thermodynamique #4

NEUF LIVRES à découvrir ce mois-ci sur le site des éditions Arqa

Les Amis de Roger Bourguignon // « Roger Bourguignon - Disciple d’Eugène Canseliet »

Bernard Chauvière // « Réflexions Hermétiques - Pratique de la voie alchimique - Le second Œuvre »

Georges Llabrès // « Pratique de la voie alchimique – De Nicolas Flamel à Eugène Canseliet »

Cédric Mannu // « Nassim Haramein - Petit essai de Métaphysique quantique »

Roberto Monti // « L’Alchimie est une science expérimentale »

François Trojani // « Éternelle Rose-Croix »

Bernard Chauvière // « Aperçus alchimiques »

Cédric Mannu // « La Table d’Émeraude »

Jean Artero // « FULCANELLIANA »


« Alchimia est impuri separatio a substancia puriore »

Martinus Rulandus Lexicon alchemieæsive Dictionarium alchemisticum

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Les Cahiers de l’Alchimiste - L’Alchimie et le troisième principe de la thermodynamique #4

Le mystère de l’Esprit universel enfin résolu – Partie UN

« Sans le concours du ciel, le travail de l’homme est inutile. »

Magophon (Pierre Dujols) – Hypotypose du Mutus Liber

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Nos scientifiques continuent, encore aujourd’hui, à ne pas croire en la possibilité de la formation d’inclusions au sein d’un corps 99,99999 % pur !

Ainsi, tout nous porterait à croire que, par la science, il est impossible d’y arriver !

Cependant, tout a changé à l’aube du 26 juin 2015, un peu plus de deux mois après mon entretien avec ledit Professeur de l’IST, alors que je lisais l’original en anglais des deux traités alchimiques d’un certain roi portugais Alphonso, que l’on croit être Don Alphonse (1432-1481), de la dynastie d’Aviz, surnommé L’Africaine : le Five Treatises of the Philosophers Stone. Two of Alphonso King of Portugall, as it was written with his own hand, and taken out of his Closset : translated out of the Portuguez into English. One of John Sawtre a Monke, translated into English. Another written by Florianus Raudorff, a German Philosopher, and translated out of the same Language, into English. Also a Treatise of the names of the Philosophers Stone, by William Gratacotte, translated into English, imprimé à Londres, en 1652, par Thomas Harper et exposé, en 1983, dans le Musée des arts anciens de Lisbonne, pendant la XVIIe Exposition d’Art, Science et Culture.

« En 1452, les premiers moines coptes arrivent à la Cour de Lisbonne et parlent avec le Roi Don Alphonse V et son oncle, l’Infant Don Henri. Le contact copte via Alexandrie peut avoir été plus important qu’on ne le croit car Don Alphonse V a mentionné, dans le seul livre dont il est l’auteur (une œuvre sur l’"Art Magna" – Alchimie), qu’il a été l’élève d’un savant venu des terres d’Egypte pour lui enseigner les secrets de la fabrication de la Pierre Philosophale (1). »

Dans la troisième page du premier traité on peut lire :

« Notre Hermès nous dit que c’est le Ciel et la Terre, mais d’autres l’appellent Mari et Femme (2). »

Or, si le Soufre est le principe masculin et le Mercure le principe féminin, alors il n’y a aucun doute qu’ils sont Mari et Femme, le ciel et la terre - (c’est là que j’ai bien compris ce que je recherchais) !

En effet, cela nous est confirmé dans le Psautier d’Hermophile envoyé à Philalèthe(Bibliothèque des Philosophes Chimiques, (J. P. Joubert de la Salette, 1754), où on lit :

« Ce mâle et cette femelle sont le soufre et le mercure, l’agent et le patient, le soleil et la lune, le fixe et le volatil, la terre et l’eau ou le ciel et la terre […]. »

D’après les planches IV, IX et XII du Mutus Liber, l’agent secret des alchimistes provient du ciel, du cosmos alchimique, nous dirait un Robert Amadou dans Le Feu du Soleil.

Il est évident que le ciel ou le cosmos des alchimistes n’est, en aucun cas, celui du cosmologiste. A vrai dire, l’esprit universel ne descend pas de l’atmosphère terrestre comme une "pluie" de particules cosmiques, à laquelle on donne le nom de rayons cosmiques secondaires, comme le propose Robert Amadou, ou quelque chose du genre, comme c’est donc le cas, par exemple, de l’hypothèse de Michel Dziwak des sursauts de rayons gamma (3).

Pas du tout !

« Aussi, ne prétendons-nous pas insinuer qu’il faille recueillir, à l’exemple de certains spagyristes et des personnages du Mutus Liber, la rosée nocturne du mois de Marie, en lui attribuant des qualités dont nous la savons dépourvue (4). »

En effet, ceux qui croient encore, en suivant l’exemple d’Armand Barbault (1906-1982), au conte de fées selon lequel, au Printemps, il y a, effectivement, un esprit universel qui descend de l’atmosphère terrestre au sein de la rosée nocturne, se trompent énormément. C’est une pure fantaisie, une allégorie qui ne doit pas être prise au pied de la lettre.

Et comme deux et deux font quatre, dans le vocabulaire alchimique le ciel, duquel provient l’esprit universel, est ainsi le Soufre lui-même au sein des corps chimiques !

L’esprit universel descend du ciel à la terre, du Soufre au Mercure…

Lorsque l’esprit universel descend du ciel à la terre, cela signifie que, dans la superposition des principes, c’est le Soufre qui doit rester au-dessus du Mercure.

Rappelez-vous que dans les corps chimiques vulgaires, le Soufre n’est pas au-dessus du Mercure. C’est pour cette raison qu’il est appelé le Soufre intérieur, interne ou ce qui est en bas !

« Il y a au départ des substances, ayant certes une nature chimique, qui entrent pratiquement dans l’Œuvre, mais à partir d’un certain moment intervient le mystère alchimique proprement dit. L’esprit astral, ou esprit de nature, vient se concentrer dans les produits de l’Œuvre et transforme une opération purement chimique en une opération désormais alchimique […]. Il s’agit d’une concentration d’énergie, d’une forme d’énergie qui n’est pas pour l’instant connue. […] Comment cette énergie est-elle concentrée dans la matière, comment est-elle captée (5) ? »

La réponse est assez simple : en mettant le Soufre au-dessus du Mercure .

« […] dans notre magistère nous tirons d’abord le subtil de l’épais, l’esprit du corps, […] ce qui était en bas nous le mettons en haut, de sorte que l’esprit deviens corps, ensuite le corps devient esprit (6). »

« […] spiritualiser les corps & corporifier les esprits, c’est-à-dire, fixer le volatil & volatiliser le fixe : ce qu’ils appellent aussi mettre le dessous dessus & le dessus dessous (7). »

Tant que le Mercure est au-dessus et le Soufre au-dessous, il n’y aura, alors, aucune descension de l’esprit. Il faut, avant tout, mettre le Soufre au-dessus du Mercure, pour que l’esprit puisse, ainsi, descendre du ciel à la terre, du Soufre au Mercure.

Cependant, il faut tenir compte que cela ne veut pas dire, évidemment, que les 0,00001 % d’impuretés doivent rester au-dessus du corps 99,99999 % pur ou que le corps 99,99999 % pur doive rester au-dessous des 0,00001 % d’impuretés. Il ne s’agit pas de cela !

Le sens est tout autre, comme le lecteur aura l’occasion de le vérifier lors de mes prochains articles...

(...)

" Les Cahiers de l’Alchimiste " #4 - Un texte de Walter GROSSE pour les Chroniques de Mars - numéro 30 – Mars 2019 ©.

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NOTES

(1) « Em 1452, chegam os primeiros monges coptas à Corte de Lisboa, falando com o Rei D. Afonso V e seu tio, o Infante D. Henrique. O contacto copta via Alexandria pode ter sido maior do que se supõe, visto D. Afonso V ter mencionado no único livro da sua autoria (uma obra sobre a "Arte Magna" – Alquimia), ter sido aluno de um sábio vindo das terras do Egipto para lhe ensinar os segredos da feitura da Pedra Filosofal. », Rainer Daehnhardt, Páginas Secretas da História de Portugal, Vol. II, Edições Nova Acrópole, Lisboa, 1994, « Contactos Luso-Coptas », p. 44.

(2) « Our Hermes tells us that it is Heaven and Earth, but others call it Man and Wife ».

(3) Michel Dziwak, Voir les étoiles au fond du puits. Alchimie et Science : une improbable rencontre ?, Éditions La Pierre Philosophale, Hyères, 2011, « VII – Les transmutations alchimiques, G/ Et maintenant, 2/ Les sursauts gamma », pp. 122-123.

(4) Les Demeures Philosophales, t. II, « Le cadran solaire du palais Holyrood d’Edimbourg », p. 250.

(5) Jacques Sadoul, Le Grand Art de l’Alchimie, Editions J’ai Lu, Paris, 1975, A 329,« 15. L’Alchimie opérative », p. 177.

(6) Albert Poisson, Cinq traités d’alchimie des plus grands philosophes : Paracelse, Albert le Grand, Roger Bacon, R. Lulle, Arn. De Villaneuve, Bibliothèque Chacornac, Paris, 1890, « Semita Semitæ, Le Chemin du chemin », p. 11.

(7) Dom Antoine-Joseph Pernety, Dictionnaire Mytho-Hermétique, dans lequel on trouve les allégories fabuleuses des poètes, les métaphores, les énigmes, et les termes barbares des philosophes hermétiques expliqués, Bauche, Librairie, Paris, 1758, « Nature fuyante », p. 329.


THESAVRVS // Adam – Adepte – Aigles – Alchimie – Alchimiste – Argyropée – Assation – Athanor – Chrysopée – Coupellation – Cyliani – Élixir- Élixir de longue vie – Eugène Canseliet – Philalèthe – Fulcanelli – Gnose – Grand Œuvre – Lavures – Macrocosme – Magnum Opus – Mercure – Microcosme – Nicolas Flamel – Œuvre au noir - Œuvre au blanc – Œuvre au rouge – Or – Panacée – Paracelse – Philosophie Hermétique – Pierre Philosophale – Poudre de projection – Régule – Rémore – Soufre – Sublimations – Table d’Emeraude – Teinture – Terre adamique – Transmutation – Unobtainium - Vitriol – voie de l’Antimoine – voie du Cinabre //

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