Népomucène LANDAROSA - Etude sur Philippe de Lyon, Cagliostro et les « Fils du Tonnerre »

Philippe de Lyon – Une énigme bien gardée.

Depuis déjà quelques lunes, je me suis attaché à étudier certains aspects de la vie de Nizier Anthelme Philippe, sa vie, son œuvre, ses enseignements, comme disent les historiens. D’autant plus que ce que nous appelons « le hasard » a fait que je suis son voisin. Venant habiter dans mon appartement actuel, j’ignorais totalement son emplacement à 50 mètres au dessous du Clos Landar à l’Arbresle (ouest lyonnais).

Certes je m’étais intéressé au sujet depuis bien longtemps, d’une part à la suite de conversations d’amis très motivés, dont l’un occupait le laboratoire de la Rue du Bœuf à Lyon, quartier Saint-Jean, pendant… 22 ans ! D’autres encore, relations personnelles d’Emile Besson, l’un des disciples de la mouvance Philippe, ainsi que par deux autres amis qui vinrent au Clos Landar, en 1990, lors des journées Swami Premananda organisées sur la colline d’Eveux, en face, au couvent dominicain de la Tourette.

Tout cela s’ajoutant à l’intérêt porté à Monsieur Philippe et au Clos Landar par d’autres amis parisiens membres de groupements traditionnels de la lignée Papus. D’où ma très forte motivation ! J’ai participé ainsi depuis longtemps aux débats, parfois houleux dus à des égos surdimensionnés, mais aussi, souvent, gérés par le cœur et la raison d’un site spécialisé sur Maitre Philippe, et dernièrement aux rencontres organisées par une association locale…

Une certaine signature en forme de foudre de Philippe de Lyon…

Je voudrais ici évoquer un seul sujet concernant Nizier Anthelme (à force d’étudier on finit par l’appeler par ses prénoms), j’ai été amené à étudier de très près des documents de tous types. Et j’ai ainsi remarqué une particularité, connue bien sûr, mais aussi commune à différents documents, dans les paraphes et les signatures de M. Philippe et cela est trop fréquent pour être un hasard ou une fantaisie passagère.

Le paraphe de ces différentes signatures est parfois complété, de façon incontestable, par un symbole en forme de zig-zag terminé par une pointe, ou plus exactement une flèche, symbolisant la foudre qui tombe, et l’on sait par ailleurs que M. Philippe avait la capacité de faire tomber celle-ci du Ciel. On connait l’anecdote concernant Papus…

Si nous prenons le livre de Philippe Encausse « Le Maitre Philippe de Lyon Thaumaturge et Homme de Dieu » dans l’édition de 1996, nous trouvons ainsi de tels glyphes :

- page 15 : signature Philippe.

- page 20 : signature Gérard Encausse (Papus).

- page 40 : signature Philippe.

- page 186 : dessin les Amis de Philippe.

Et choses caractéristiques, ce sont les écrits de Yvon Le Loup (qui publia sous le nomen de Sédir) où l’on retrouve de tels glyphes !

Sédir… qui est dit par certains exégètes peu au fait comme ayant abandonné la mouvance Philippe pour se consacrer à ses « Amitiés spirituelles »… Or, dans le même ouvrage on trouve la reproduction d’un écrit de ce dernier vraisemblablement écrit après 1905 (il évoque cette date) où il écrit continuellement MP (pour Maître Philippe ou Monsieur Philippe) suivi du fameux glyphe fléché (pages 163/164/165).

Cette insistance - plusieurs fois répétée est troublante. Et pour couronner le tout le livre de Philippe Encausse s’ouvre en page 11 par une note manuscrite signée Sédir avec le même glyphe ainsi qu’au dernier mot « écrire » complété par la même terminaison ! Le tout daté… du 13 janvier 1911 ! ... ce qui remet beaucoup d’affirmations péremptoires le concernant en question, surtout concernant les choses de « l’occultisme » attribuées à Sédir que l’on a un peu trop tendance à jeter avec "l’eau du bain", si l’on veut bien me pardonner cette expression !

Mais nous n’en resterons pas là, continuons par l’étude de nouveaux documents. Sur un document inédit que publiera prochainement les éditions Arqa, on découvre un magnifique paraphe de M. Philippe portant encore cette finale fléchée , en forme d’éclair...

Les « Fils du Tonnerre ».

Boanergès ou "fils du tonnerre" est le surnom donné à Jacques et Jean, les fils de Zébédée, par le Christ… J’avais laissé reposer mes constatations lorsque j’ai lu le livre de Thierry Emmanuel Garnier, publié en 2006 : « Sur les remparts de Saint Jean d’Acre » et, dans l’une des chroniques portant le titre « Les Fils du Tonnerre » j’en ai trouvé l’explication. L’auteur aborde un aspect historico-biblique en commençant par Enoch (commenté par Martinez de Pasqually) puis très rapidement cite Monsieur Philippe de Lyon et ajoute que les inductions karmiques entre Monsieur Philippe de Lyon et Apollonius de Tyane semblent, laisser accroire que quelques Adeptes possèdent bien une connaissance Prométhéenne, c’est-à-dire d’avant la Sagesse.

S’ensuit une longue étude érudite où l’auteur explique, entre autres, qu’en Amérique du sud ce sont les descendants des chamans détenteurs de la science du Grand Serpent à Plumes qui avaient conservé cette connaissance « prométhéenne » et ce pouvoir inextinguible de faire tomber la foudre…

Et l’auteur, dans ses notes, parle d’un ouvrage : « la Langue Sacrée » d’Emile Soldi où sont évoqués de très nombreux dessins, glyphes et autres idéogrammes représentant la foudre. Or, l’exemplaire en question, acquis par l’auteur, provient de la Bibliothèque de Papus. Livre dans lequel se trouvaient 7 documents, dessins à la plume réalisés par Papus… (Une partie de ces documents inédits furent publiés dans la revue Arcadia, en 2002).

Ajoutons avant de conclure aussi deux choses : que Camille Flammarion, génie trop méconnu et auteur notamment d’un ouvrage passé inaperçu sur la foudre y est aussi évoqué avec la remarque du « message non altéré de l’universelle Rose+Croix et des authentiques Frères d’Héliopolis » et Serge Caillet, lui, dans son livre « Monsieur Philippe l’Ami de Dieu », a évoqué aussi le sujet en indiquant : « Pour Edmond Dace, occultiste lui aussi, Monsieur Philippe, dont la signature se termine par un paraphe qui commence en zigzag et aboutit à une ligne fléchie, était un fils du tonnerre... » et il donne en citation sa source ; - propos rapportés par Henri Durville dans : « Fils du Tonnerre » L’Initiation n°1, janvier/mars 1954 pages 2/11.

En continuant par la suite ma quête déjà bien entamée, j’ai découvert que tout ceci est corroboré par les documents inédits publiés chez Arqa ce mois-ci, dans le livre « les Enseignements oraux de M. Philippe de Lyon ». On y voit non seulement les reproductions de signatures en pages 143 et 144 de Monsieur Philippe de Lyon et Papus accompagnées toutes deux, une fois encore, du paraphe à l’extrémité en forme de foudre ou zig-zag…

Cagliostro et Maître Philippe.

On sait par ailleurs que Marc Haven (Dr Emmanuel Lalande) publia un livre biographique sur Cagliostro qui est parfois un décalque de Monsieur Philippe de Lyon, or la signature de Joseph Balsamo - Comte de Cagliostro - signait lui aussi ainsi ! Mais je me garderai bien d’aborder ici le « sujet Cagliostro » dont les ramifications complexes nous amèneraient sur d’autres sujets…

Pour clore – provisoirement - on retrouvera également des glyphes similaires dans des manuels de Théurgie divers et variés, parfois de « Théurgie Rose+Croix » (pour simplifier car d’autres qualificatifs initiatiques peuvent être attribués) ou encore bien sûr des Elus Coën, tels que publiés dans les deux tome de Georges Courts, sur le fameux « Manuscrit d’Alger »…

Il apparaît bien que de telles preuves et documents ici présentés ne sont absolument pas dus au hasard ; j’ai osé publier quelques unes de me constatations sur un site forum consacré à Maître Philippe où j’ai été immédiatement rappelé à l’ordre par de « savants spécialistes » qui me soupçonnaient presque de délire… Or j’apporte ici, preuves et dates qu’il n’en est rien.

Toujours en ce qui concerne Monsieur Philippe, un autre élément donne à réfléchir : le blason qui lui est attribué. Il figure sur un document publicitaire pour la vente de l’une des créations pharmaceutiques de Philippe, « l’eau philippine », dite régénératrice de la chevelure !

Je ne m’attarderai pas ici sur l’analyse des lettres y figurant et qu’un ami spécialiste m’a commenté, analyse d’ailleurs fort intéressante par son symbolisme. On y voit dans le quart supérieur droit (volontairement j’emploie des mots ordinaires et non spécialisés de l’héraldique) une étoile à 5 branches surmontée d’une comète en feu. Et dans le quart inférieur gauche figure une gerbe double d’éclairs (vers le haut et vers le bas) reliée par son milieu. Un souvenir ancien m’a fait à nouveau rechercher ce dessin, il s’agit d’une représentation que l’on voyait sur les boucliers des soldats romains. Ce symbole est d’ailleurs repris, le fait est notable, dans « l’Hypnerotomachia Poliphili »… le célèbre ouvrage crypté de la renaissance italienne. La foudre est bien sûr un attribut de Jupiter à Rome, Zeus en Grèce. Là encore il convient de faire les rapprochements nécessaires, car ceci nous rappelle de nouveau « les Fils du Tonnerre » - Les Boanergès...

A la manière d’Héraclite j’ai pour principe de ne rien imposer mais de démontrer, de suggérer, à chacun de se faire une idée à partir des explications que j’ai fournies.

Népomucène Landarosa - Novembre 2013 // pour les Chroniques de Mars © No 13.


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