Stéphane DEMRI // Arts Martiaux, Spiritualité et Arts de guérison

Cet ouvrage a pour but de présenter tout d’abord les fondements d’une méthode basée sur les arts martiaux ; puis les moyens de la mettre en pratique au quotidien, tant physiquement grâce à des exercices que mentalement grâce à des citations.

L’art martial est un art ancien ayant pour but premier d’établir une communication entre le corps et l’esprit.

C’est un guide, issu de nombreuses années de recherches, d’études et d’expérimentations dans le domaine des arts martiaux, une somme de savoirs et de connaissances à partager pour vivre mieux et devenir meilleur. Et c’est avec un grand respect que je remercie les Maîtres, tous mes professeurs et experts en arts martiaux rencontrés sur mon chemin.

Au cours de certains voyages, la rencontre d’autres peuples, d’autres cultures, a renforcé ma conviction que les Arts Martiaux sont une expression d’une vérité plus vaste, ne se limitant pas à la seule culture asiatique. Ainsi retrouvons-nous par exemple chez les Indiens d’Amérique du Nord la même conception spirituelle de l’unité d’un univers constitué d’énergie, les mêmes modes de pensée, un rapport à la nature et des méthodes de guérison similaires et la sagesse comme une quête à entreprendre chaque jour de notre vie. Je voulais rendre hommage aux indiens, c’est chose faite.

Ma volonté en réalisant cet ouvrage est d’expliquer et de transmettre pour la compréhension de tous, car c’est en communiquant au plus grand nombre que l’enseignement peut être grand.

La vie doit être un échange, l’expérience des uns peut servir aux autres. Il s’agit de partager, avec le plaisir de s’enrichir de nouvelles connaissances et d’outils pour accompagner, avec discernement, les évènements de notre quotidien. Nous devons être forts pour accompagner chaque instant. Il faut toujours prévoir les mauvais passages que nous devons traverser le mieux possible, grâce à l’armure que nous nous sommes constituée et au soutien de notre entourage. Quant aux bons moments, ils sont à savourer, tous sont sacrés.

Vivez pleinement, soyez bons, humbles et protecteurs ; expérimentez, créez et recherchez. Soyez en quête de sagesse, le but est de vous élever et de devenir meilleurs. Respectez et aidez vos semblables. Honorez vos ancêtres et vos proches, famille et amis. Apprenez de vos erreurs.

Étudiez et portez-vous bien...

Le Kung-fu : un art de vivre empreint de spiritualité

Par le biais de films mythiques aux scénarios glorifiant le combat, l’opinion publique se fait une idée erronée de ce qu’est le Kung-fu. Les gens se méprennent, l’associant à la violence et à l’agressivité. Tous ont perdu le lien qui relie cet art aux domaines philosophiques et spirituels.

La Voie du guerrier n’est pas de détruire et de tuer, mais plutôt de renforcer la vie, de créer continuellement.

L’étude de l’art martial (kung-Fu Wushu) a pour but d’apporter le calme intérieur, de développer la force mentale, la grandeur d’âme et la patience. Force et tranquillité sont le terreau propice aux plus solides fondations de l’esprit.

Tant que le Kung-fu brillera de l’éclat de ses innombrables facettes, il restera un art fascinant à la mesure de l’homme en quête de perfection.

L’art martial ne sert pas à maîtriser et dominer les autres. Il est au contraire tourné vers l’intérieur, vers soi-même. Il est avant tout un moyen de se dominer, d’arriver à une parfaite maîtrise de soi-même pour se rapprocher de ces sentiments étranges, quasi mythiques pour nous autres occidentaux, que sont la sérénité et le bonheur.

Ainsi, pour les pratiquants du Kung-fu, le bonheur dépend plus de la paix intérieure que de quelconques facteurs extérieurs.

Les arts martiaux servent à réprimer la violence, à mettre un terme au conflit, à éviter la cruauté, telle est la vérité vers laquelle tendent tous les arts martiaux.

Les bases historiques.

Né en Chine, ses racines sont très anciennes, se confondant en partie avec la légende, prenant ses sources dans les lointains siècles de l’antiquité. Les arts martiaux (lutte à mains nues ou avec armes) étaient alors principalement utilisés pour former les soldats, dans la période dite des Royaumes combattants (du Vème siècle av. J.-C. au IIème siècle av. J.-C.). Cette période d’expansion et de prospérité en Chine se basait sur une armée puissante, un art de la guerre consommé, et le développement de diverses philosophies et écoles de pensée. L’influence de grands penseurs, comme Confucius, sur la société civile amenèrent une ouverture progressive de la pratique des arts martiaux. Les citoyens furent encouragés à en faire l’apprentissage pour leur développement personnel, en complément des arts intellectuels classiques.

Sous l’influence des pensées bouddhistes, confucianistes et taoïstes, la pratique des arts martiaux en Chine acquit avec les siècles une base philosophique. Deux écoles virent le jour : l’école Shaolin et l’école Wu-Tang. L’école Shaolin fit son apparition au VIème siècle après J.-C., l’école taoïste émergea au XIème siècle. L’avènement du Kung-fu fut marqué par l’arrivée du moine bouddhiste d’origine indienne Bodhidharma au temple Shaolin. Né en 483, fils d’un roi de clan, cet érudit était versé dans les arts, les sutras et les techniques de guerre. Il se rendit en Chine pour y propager les enseignements de Bouddha.

Les cinq commandements de Bodhidharma étaient :

- ne pas tuer

- ne pas voler

- ne pas mentir

- éviter l’alcool

- écouter le silence

Selon la légende, c’est après avoir constaté la faiblesse physique et la vulnérabilité des moines lors de son séjour dans le monastère Shaolin, qu’après plusieurs années de méditation il rédigea les Trois Livres.

Ceux-ci abordaient les trois aspects de l’être humain selon la pensée traditionnelle orientale : l’aspect physique (exercices pour renforcer les muscles et développer la souplesse, techniques de combat), énergétique, et spirituel. En recevant cet apprentissage complet, les moines étaient alors à même de faire face aux multiples attaques de bandits ou aux assauts en temps de guerre. Il existe une grande diversité de styles de Kung-fu. D’après la légende, au 17ème siècle, le temple Shaolin fut pris d’assaut et détruit par les soldats mandchous. La quasi-totalité des moines périrent, seule une petite poignée de survivants parvinrent à s’échapper. Parmi eux, les cinq Grands-Maîtres (ou Cinq Invincibles) et quelques-uns uns de leurs élèves. Chacun était à l’origine d’une évolution, d’un style particulier de Kung-fu dans le monastère. Ils se dispersèrent en Chine, y diffusant les différents styles de Shaolin.

La maîtrise d’un art martial consiste, non pas à vaincre les autres, mais à ne pas être vaincu.

Le Kung-Fu et l’éthique.

La pratique du Kung-fu obéit à une morale, une éthique. Un exemple de ce mode de pensée peut être donné avec la lecture de la règle de jade, rédigée par le Grand-Maître Nam Anh.

-  Comprendre l’essence de la vie et de la mort et vivre en conformité avec les lois naturelles qui en découlent par le culte indispensable de la valeur individuelle et de la personnalité Vraie de l’être humain.

-  Vénérer la primauté de la Grande Voie et entre autres, respecter et reconnaître l’autorité des grands-maîtres et des enseignants.

-  Promouvoir activement notre philosophie et la belle science des arts martiaux par la Voie Royale, empreinte d’humanité et de tolérance, dans le respect du patrimoine culturel oriental.

-  Garder l’esprit ouvert à la recherche et à la considération d’autres dimensions éthiques, scientifiques et philosophiques.

-  Cultiver intensément les sentiments nobles d’amour, de fraternité et de solidarité dans une communion parfaite émanant de soi.

-  Entrevoir un long cheminement, donc savoir préparer l’esprit par la loyauté, et le corps par la persévérance.

-  Lutter contre toute cause de déséquilibre de l’ordre naturel et contre toute atteinte à notre discipline philosophique en se gardant d’égocentrisme, de jalousie et de toute discrimination, notamment celles fondées sur la race, le sexe ou la religion.

-  Éduquer et redresser les autres en tenant compte de leur nature et de leur intelligence.

-  Vivre dans l’harmonie du ciel et de la terre par la connaissance de la vie et de la mort dans le respect du karma de tous et chacun.

Le symbole universel de toutes les religions de l’orient (parmi elles le taoïsme, le confucianisme et plus tard le bouddhisme) est le Yin et le Yang. Comme toutes les philosophies orientales, le Kung-fu repose sur une compréhension étendue du concept de Yin et de Yang. Il nous invite à toujours opter pour le positif, à choisir le courage à la place de la peur, l’harmonie à la place du conflit, l’amour à la place de la haine. En découvrant le côté positif de certaines questions, vous identifierez automatiquement leur aspect négatif. Si vous rejetez le négatif, il vous reste la vérité positive. De même une fois passé chaque moment de joie ou de désespoir, l’opposé se présente à nouveau, comme les deux versants d’une seule et même montagne.

Stéphane DEMRI - Extrait du livre // Arts Martiaux - Spiritualité & Arts de guérison – © Les Chroniques de Mars, numéro 16 - mars 2015.

- REMERCIEMENTS spéciaux à mon ami Étienne Olivier pour son aide précieuse à la réalisation finale de cet ouvrage consacré aux Arts Martiaux.


A LIRE et à retrouver sur le site des éditions ARQA //

L’INTERVIEW de STÉPHANE DEMRI – ARTS MARTIAUX

LA PRÉFACE de DAVID DELANNOY – ARTS MARTIAUX

LA PRÉFACE de PASCAL CHARON – ARTS MARTIAUX

UN EXTRAIT du LIVRE de STÉPHANE DEMRI – ARTS MARTIAUX


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