Thierry E GARNIER - « Bugarach 2012 » – Préhistoire d’un mythe moderne

18-19-20-21/12/2012 - BUGARACH 2012

TOUTES LES PHOTOS de L’APOCALYPSE - J-3 / J-2 / J-1.

à découvrir sur le BLOG...

Le mythe de la fin du Monde

" Bugarach 2012 - une écriture électrique débranchée car fonctionnant au solaire ! »

C’est la profession de foi de ce nouveau blog sur la toile, réalisé par « Binuize » qui, en attendant l’événement tant décrié ces derniers mois, autrement dit l’apocalypse de décembre 2012, au Bugarach (voir notre post du 7/12/2010, sur le blog, avec le témoignage de Gilbert Cros, l’adjoint au maire de Bugarach), événement planétaire, n’en doutons pas, qui remettra en scène selon certaines sources bien éclairées les Ovnis, leurs propriétaires, et la base souterraine infrahumaine du Pech de Bugarach, ce blog disions nous, se propose de raconter régulièrement d’ici là, avec un humour décalé et décapant le témoignage, in situ, d’une habitante de la charmante localité du sud-ouest… Village de Bugarach qui va prochainement, si ça continue à ce train-là, reléguer la gare de Perpignan au rang d’un obscur patelin bantou et consacrer la fameuse localité audoise comme centre du monde à l’égal du Taj Mahal… Il faut dire que l’Aude étant déjà pourvue de « la mecque de l’ésotérisme », avec Rennes-le-Château, et son mystère saunièrisé, les habitants des patelins environnants sont déjà tous très largement vaccinés contre l’hallucination transcendantale…

Signalons donc, avant que le lieu sacré ne se transforme, non pas en alignements de menhirs comme à Carnac en Bretagne, mais en alignements de buildings plus serrés que ceux de l’île de Manhattan, si vous avez quelques économies à placer dans l’immobilier, c’est le moment fatal de casser votre petit cochon rose pour acheter à Bugarach, et avoir ainsi en 2012, des places VIP, aux premières loges, pour assister béats d’admiration à la descente stellaire de bataillons d’E.T. venus en majesté d’alpha du Centaure et des constellations d’étoiles, à l’instar de la Vierge Marie à Medjugorje.

Bien sûr, si vos moyens sont insuffisants vous pourrez toujours transformer, en faisant appel à Valérie Damidot, votre modeste trois pièces à Bugarach en auberge de jeunesse, ou en gîte étape « bed & breakfast »… Par contre, et l’avertissement vaut pour tous, attention chers amis bugarachois et bugarachoises et autres touristes égarés ou aficionados de l’étrange... à vos batteries de téléphones portables, caméscopes, et autres appareils photosensibles, si vous approchez de trop près cette géolocalisation bien trop gardée par les néfastes entités du lieudit... En effet cette base secrète Ovni, nous dit-on, ferait passer la « Zone 51 », pour une aimable salle paroissiale de patronage.

Pour une métaphysique de la Montagne

« Bugarach 2012 » est sans doute le meilleur exemple concret et moderne d’une figuration symbolique de la « Montagne sacrée » si chère à nos anciens métaphysiciens rose-croix. Il est inutile de développer ici de trop ce concept hautement traditionnel, parfaitement abordé si nous devions citer un seul exemple par Pierre Gordon dans sa « Révélation primitive ». L’écrivain Jean-Marie Brohm, quant à lui, dans son dernier livre récemment sorti intitulé « Anthropologie de l’étrange - énigmes, mystères, réalités insolites » (Sulliver ed.), même si il ne prend pas en compte le phénomène actuel du Bugarach, nous donne quelques clés érudites et sociologiques de la compréhension par la psyché humaine de l’acceptation phantasmatique des grands mystères du monde (1). Grille de lecture superficielle, puisque tenant compte principalement que des sciences dites « humaines » (2), mais analyse savante qui permet, somme toute, quelques aperçus dignes d’intérêt, si l’on veut bien considérer qu’in fine, l’appréhension de l’étrange se comprend mieux par la poétique engagée que par les preuves scientifiques à recouper.

C’est d’ailleurs à cette croisée-là, précisément, que réside véritablement l’essence du « mystère ». Mais il faut dire aussi que les universitaires et les scientifiques de tous poils seraient bien en peine d’analyser selon leurs barèmes restrictifs et pour tout dire tronqués, une réalité quantique en constante expansion, telle que celle proposée par la phénoménologie bugarachoise. A tout prendre, il apparaîtra d’ailleurs parfaitement utile de lire avec attention sur le sujet, le témoignage journalistique, littéraire et poétique, que nous propose Binuize sur son Blog : « Bugarach 2012 » - le style de l’auteure, habitante de Bugarach, étant-là de surcroît, ce qui ne gâche rien. En la matière et dans le domaine du sensible, autant laisser alors de côté les digressions intellectuelles par trop brillantes et sans doute superfétatoires au profit d’une ouverture de cakra.

La Poésie comme une combustion spontanée

En résumé, le sanctuaire prétendu du Bugarach, de décembre 2012, tel un havre de paix à la sauce « new age » accueillera donc d’ici deux ans, dans l’Aude, tous les survivants du cataclysme programmé par les Mayas et autres peuplades chamaniques sud-américaines, sans compter les prophéties azimutées des mages en bois et autres fakirs résidant à proximité de clairières du lieu secret…

Notre posture est ici apparemment ironique, nous le concédons bien volontiers... Nonobstant, nous assisterons néanmoins à la fin de cette situation au plus tard et pour tous - au dernier acte - soit aux ultimes jours de décembre 2012, (ce qui risque d’en ridiculiser quelques uns), mais elle ne doit pas nous empêcher pour autant, d’ici là, de réfléchir en conscience sur le sujet, et sur son abord sociologique indéniable qui, aux plans des réalités programmées, si elles existent, et selon nous elles sont indéniables, ont donc leurs raisons d’être…

« - Oui, mais lesquelles ? »

En vérité, bien peu de légendes locales nous parlent de cette apocalypse annoncée au Bugarach, en décembre 2012, mais c’est à se demander, avec toutes ces supposées réminiscences du passé et toutes ces conjectures sur le futur, si nous ne sommes pas en train de narrer à l’humanité asservie, un conte à rebours…

Thierry E GarnierLes Chroniques de Mars #4, mai 2011.

- A consulter //

BUGARACH J-3

Jacques ERLICH - BUGARACH 2012 – 1230 mètres au dessus de l’Apocalypse

ANONYMOUS – 21 décembre 2012 - 11h 11.

- Ze Blog « Bugarach 2012 » sur le Blog des éditions Arqa.

- Voir aussi sur le passage du XXe au XXIe siècle notre article :

De Tsutomu Yamaguchi à Fukushima Daiichi " LES TEMPS MÉTALLIQUES à L’AGE de PIERRE "

En Illustration © K2Mars // « Bugarach 2012 » ; infographie de TEG, et Pic du Bugarach, carte postale début du siècle (archives Arcadia – ABC de RLC) ; vitrail de Tobie et l’Ange dans l’Eglise de Bugarach (photo Patrick Berlier) - © Chroniques de Mars 2011.

* * *

(1) On pourra regretter que ce livre qui consacre une partie non négligeable de son étude à la thématique de la ville, n’aborde pas l’image fondamentale de la « Jérusalem céleste », archétype de premier plan sur le sujet et certainement seule clef de voûte absolue, durant deux mille ans, de tous les textes emblématiques de l’Occident chrétien et au-delà, de saint Augustin à Emmanuel Swedenborg.

(2) Rappelons le mot de Guénon sur L’Ordre du Temple, dont il qualifiait la connaissance de : « non humaine ». On voit donc mal comment les Sciences dites humaines : anthropologie, sociologie, psychanalyse, etc., auraient une quelconque capacité à absorber, ne serait-ce qu’en fraction, une connaissance « non humaine ». La démonstration vaut également pour les « sciences maudites », pour reprendre la terminologie de Guaita.


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